Si nous, nationalistes, avons toujours su dénoncer et combattu les dangers qui menaçaient notre Peuple (colonialisme, clanisme, extinction de la langue corse, dérive mafieuse, etc), alors il nous appartient de nommer désigner, et combattre un nouveau danger : le péril islamiste qui vient précisément batte en brèche la notion même de communauté de destin.
PREAMBULE
Nous devons nous adresser prioritairement au Peuple corse, dans toutes ses composantes, et donc bien évidemment aux populations de confession musulmane résidant dans l’île se reconnaissant comme partie prenante de notre Peuple, et donc de ses aspirations émancipatrices.
Tout d’abord, quelques mots du romancier et essayiste algérien, Boualem SANSAL, extraits de son livre « Gouverner au nom d’Allah » (2013) :
« Occupés par nos bonnes actions progressistes et nos commémorations historiques – nous avions également nos propres martyrs à honorer – nous ne prêtions qu’une lointaine et condescendante attention à cette vague venue de ce Moyen-Orient ténébreux que nous ne connaissions que par le cinéma égyptien et les merveilleuses chansons de FAIRUZ et d’OUM KHALTOUM.
Quelques années plus tard, nous découvrîmes, presque à l’improviste, que cet islamisme qui nous paraissait si pauvrement insignifiant, s’était répandu dans tout le pays à travers le réseau de nos mosquées et de nos souks où il dispensait ses prêches et écoulait ses manuels, et avait gagné le cœur des gens, les jeunes notamment, en rupture avec le monde étriqué et sans horizon que leur promettait le socialisme bureaucratique au pouvoir.
Nous étions admiratifs, il y avait dans le regard de ces « fous d’Allah » une force qui semblait capable de déplacer des montagnes. Nous les avons vus ensuite multiplier les revendications culturelles et sociales, qui consistaient en interdictions et en obligations très précises, que le pouvoir inquiet, qui au cours des ans avait beaucoup perdu de sa verve révolutionnaire et de son aura héroïque, faisait siennes avec un empressement tactique honteux, enfonçant par là le pays dans une régression mentale porteuse de tous les dangers. C’en était fini de la mixité révolutionnaire entre étudiants et étudiantes et des tenues légères qui allaient si bien à nos filles. »
Ces lignes écrites par un homme qui, aux heures les plus noires de l’histoire contemporaine de l’Algérie, fut considéré comme un « ennemi de l’intérieur », tant par le régime des généraux que par les djihadistes du FIS et du GIA, résonnent de façon particulièrement juste, profonde et prémonitoire dans la France et la Corse de 2016. En quelques mots est e effet retracée la genèse de l’islamisme en Algérie et dans tous les pays du Maghreb (de la Mauritanie à la Libye) et du Machrek (Moyen Orient hors Péninsule arabique, intégrant l’Egypte).
Depuis la parution de cette essai, nous avons notamment connu les tragédies de l’Hyper Kasher, du Bataclan et de Nice ; depuis, en Corse, nous avons vécu les évènements des Jardins de l’Empereur, l’affaire de l’Imam de l’Ecole des Jardins de l’Empereur, et enfin les provocations de la plage de Siscu.
Nous ne pouvons plus faire comme si rien ne s’était passé, nous ne pouvons plus faire notre un discours frileux et incantatoire, nous ne pouvons plus continuer à nous murer dans un silence peu conforme aux engagements qui ont été les nôtres ces 50 dernières années, nous ne pouvons plus, nous nationalistes, éviter le nécessaire, attendu et salvateur débat sur la question de la laïcité, face à l montée de l’islamisme.
Nous devons initier une telle réflexion d’autant plus que l’enracinement de la Paix et de la Démocratie en Corse sont aujourd’hui à portée de main. Lire la suite →
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