SYNTHÈSE DE LA CONFÉRENCE/DÉBAT DU SAMEDI 11 JUIN 2016, CORTI

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CONFÉRENCE DU SAMEDI 11 JUIN 2016, CORTI

Synthèse de la réunion du samedi 11 juin 2016

15 h 30, Café de France, Corti

Thème de la conférence :

« Économie et développement appliqués au cas de la Corse »

 

Coordinateur de la thématique : R Micheli

Secrétaire de séance : JL Rossi

Assistance : 19 personnes

Début de la conférence : 15h45

Fin de la conférence : 16h35

Début des échanges avec la salle : 16h40

Fin des échanges avec la salle : 17h45

Déroulement de la conférence

  1. Introduction : R Micheli
  2. Présentation de l’association : P Poggioli
  3. Conférence : R Micheli
  4. Parole à la salle :
    1. Explication du principe du bâton de parole : JL Rossi
    2. Chairman : P Medurio
  5. Conclusion : P Medurio

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Échanges

Remarques :

  • Les noms reportés sont ceux donnés par les différents intervenants lorsque ces derniers ont bien voulu indiquer leur identité.
  • Le format de cette réunion est du type CONFÉRENCE/DÉBAT : « la prise de parole de la salle » peut donc permettre aux gens présents de poser des questions.

Première partie : Analyse de l’existant

T Balbi

  • Nous avons pu prendre connaissance lors de votre présentation des chiffres de l’investissement en Corse, mais y-a-il un moyen de connaître l’effet de levier des fonds européens ?

R Micheli

  • C’est une question complexe !
  • Ce qui est certain c’est que les fonds en provenance de l’Europe ou de l’État sont en baisse.
  • 30 % des fonds proviennent des collectivités de Corse.
  • Il y a une partie des fonds européens non-utilisés.
  • Le montant du PEI va mettre 25 ans à être consommé !
  • Pas d’effet de levier réellement notable.

T Balbi

  • Est-ce que la réunification des institutions va engendrer une baisse des dépenses ?

R Micheli

  • Cela dépendra des hommes et des dispositifs mis en place.

P Medurio

  • La Corse a bénéficié d’enveloppes importantes car l’Europe la considérait comme faisant partie des régions les plus pauvres.
  • Maintenant, avec l’entrée des pays de l’Est, les financements ont chuté notablement.
  • Le PEI n’est en fait qu’un palliatif.
  • Nous sommes passés à côté de l’opportunité de nous munir d’infrastructures dignes de ce nom.

Intervenant 1

  • Il est vrai que des crédits européens sont « repartis » faute de ne pas avoir su les utiliser sur notre territoire.

R Micheli

  • Le PEI a été mal préparé.
  • Le travail n’a pas été fait en amont.
  • Le problème est que les élus ont un engagement à court terme : ils cherchent surtout à se faire réélire.
  • L’aménagement d’un territoire est un engagement à long terme… qui peut être en contradiction avec des intérêts immédiats.

Intervenant 1

  • Dispose-t-on d’un état des lieux de ce qui a été fait ?
  • Pourquoi des données ne sont-elles pas sorties ?

P Medurio

  • Si l’on regarde le cas des déchets : nous n’avons pas de solution claire et nette.
  • Comparativement à d’autres territoires, nous sommes en retard !
  • La situation est identique pour les transports.

Intervenant 2

  • Pour faire avancer les choses, il faut que les décideurs aient la volonté de le faire.

T Balbi

  • Ici, il est possible de faire des choses sans pour autant toujours tout attendre de l’État.
  • Comme la démontré la présentation de tout à l’heure, notre épargne ne rapporte pas aux corses.
  • La doctrine capitaliste anglo-saxonne est individualiste, il faut passer à un capitalisme collectif.
  • Pour qu’une bonne idée débouche sur une réalisation bénéfique pour notre territoire, il faut qu’elle soit acceptée.
  • Donc, le capitalisme méditerranéen doit englober plusieurs personnes.
  • Nous avons autour de nous des exemples de réussites.
  • Il faut trouver des structures non-politiques mais économiques capables de faire ce travail.

P Medurio : synthèse de la première partie

  • Nous sommes encore au stade de l’interrogation.
  • Nous avons encore une certaine incertitude sur ce qui peut réellement servir au développement.
  • Il y a une nécessité de changer la manière de gérer et donc de gouverner.

Seconde partie : Les moyens

Intervenant 3

  • Il faut réussir à motiver les jeunes.
  • Miser sur la formation.

M Simeoni

  • Nous n’avons malheureusement pas les moyens de mettre tous les jeunes au travail.

R Micheli

  • La formation continue en France est basée sur une politique de la rente et non de l’efficience.

T Balbi

  • Le problème du 21ème siècle réside dans la maitrise de l’énergie.
  • Il y a dans le monde des exemples de territoires qui ont réussis à être autonomes énergétiquement.
  • Exemple d’une île qui est devenue autonome grâce à l’éolien et au stockage de l’eau en altitude. Ceci pour un investissement de… 80 millions euros.

M Simeoni

  • Effectivement, la maîtrise de l’énergie est le point central.
  • Deux exemples :
    • Les Açores et Baléares :
      • Taxation des énergies fossiles.
    • La ville de Güssing en Autriche :
      • Autonome énergétiquement grâce à la filière bois et une filière de productions de gaz en utilisant des terres en jachère.
      • Energie à bon marché.

JL Rossi

  • Le problème du système de production et de distribution électrique en France est lié à plusieurs facteurs, les principaux sont :
    • Techniques : l’interconnexion du réseau.
    • Idéologiques : mise en avant de certaines techniques au détriment d’autres.
  • Les choses changent et il sera possible bientôt de produire de l’énergie sans avoir à la revendre obligatoirement.
  • Le gros problème est le stockage de l’énergie.
  • Le système de production d’énergie électrique, puis de transformation en énergie mécanique et ensuite de transformation en énergie électrique comme dans l’exemple de l’île précédemment donné par M. Balbi est certainement applicable ici avec succès.
  • La solution se trouve dans des dispositifs qui misent sur productions diversifiées.

P Poggioli

  • Derrière une économie ou une non-économie, il y a toujours des intérêts qui en profitent.
  • Il faut donc du courage politique pour changer les choses.
  • L’exemple des transports est assez symptomatique : il n’y a pas que Marseille qui en profite ! Ici aussi, des intérêts sont présents. Il y a une véritable entreprise de captation par des intérêts privés pour mettre la main sur le fret.
  • Les déchets sont aussi un bon exemple : des individus profitent largement de la situation au niveau du transport, de l’enfouissement…
  • En ce qui concerne le tourisme, nous subissons 20 ans d’une politique du tout-tourisme.
  • Il va donc falloir savoir trancher dans le vif.
  • Les élus actuels sont-ils capables de le faire ? Sont-ils en capacité de faire des choix courageux ?
  • Pour la formation continue, il serait temps de prendre en compte les réalités du terrain.

Intervenant 4

  • Il faut étudier la faisabilité politique.
  • En effet, comment un élu peut-être courageux s’il dépend de ses électeurs ?
  • Comment changer les choses sans changer le mode de représentation ?
  • La solution n’est pas dans la jeunesse.

P Poggioli

  • Les élus doivent être sensés.
  • Il faut arriver à un non-cumul des fonctions et des mandats.
  • Nous le prônons aux Chjassi.
  • Il faut arriver à un homme un mandat et un seul pendant une période donnée.

P Medurio

  • Depuis 50 ans, il est rabâché qu’un des deux vecteurs économiques de la Corse est le tourisme.
  • Hors, rien n’est véritablement fait pour aller dans ce sens.
  • L’exemple de l’École supérieur de formation au tourisme est criant : annoncée en 1976, remise en avant en 2002 et… toujours pas sortie de terre.
  • On veut avoir un tourisme de qualité sans former les hommes.

P Poggioli

  • Chaque ville de Corse veut sa formation.

T Balbi

  • Il est quand même à noter qu’il y a eu une montée en gamme de notre secteur touristique.
  • Par rapport au départ, nous avons beaucoup progressé.

P Medurio

  • La Sardaigne a moins de touristes que nous.
  • Nous atteignons un pic de 750 000 personnes en saison estivale !
  • Nous devons absolument miser sur la formation des hommes.
  • L’exemple de l’École supérieur cité précédemment n’est pas donné pour discuter de la pertinence d’une telle structure, mais plutôt pour mettre en évidence la lenteur des politiques sur l’île : formation annoncée en 1976 et toujours pas mise en route !

P Medurio : synthèse de la seconde partie

  • La situation demande du courage politique.
  • Il est impératif de ne pas être dans le consensus.
  • La Corse qui a des atouts doit prendre des positions claires pour son avenir.

Troisième partie : Les perspectives

Intervenant 3

  • Que dire de la monnaie locale mise en place récemment ?

R Micheli

  • Ces types de dispositifs existent depuis plus de 20 ans.
  • Cela doit permettre de revitaliser des économies locales.
  • Cela permet d’écarter de l’argent « sale ».
  • Cela permet donc de « nettoyer » l’économie tout en favorisant son développement.

Intervenant 2

  • De grandes enseignes de la distribution favorisent des productions locales.

M Simeoni

  • Si nous voulons nous attaquer à l’idée que le tout-tourisme est le moteur de l’économie de la Corse, il faudra trouver un homme politique qui ait le courage de dire : « On stoppe ce tourisme pour un autre ».
  • Pour l’instant, il n’y en a pas !
  • En fait, les gens attendent beaucoup de monde dans l’espoir de faire une meilleure saison : plus il y a de monde et plus on se développe dans l’esprit des gens.
  • Comment casser cette logique ?
  • Les compagnies maritimes jouent contre la production locale.
  • On ne nous fait miroiter que des niches : le miel, la figue…
  • Sur une économie malade, il y a toujours des gens qui font leur beurre !

P Poggioli

  • Prendre en exemple ce qu’a fait le maire de Florence en obligeant l’utilisation de 75 % de production locale dans sa ville.
  • Pour les transports, c’est à la CTC de trancher et de décider.
  • C’est un choix politique.

P Medurio : synthèse finale

  • Notre pays a pris du retard.
  • Il faut miser sur la formation des hommes.
  • La situation actuelle demande des choix politiques courageux.
  • La Corse dispose de véritables atouts, donnons nous les moyens enfin de les utiliser.
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