TRIBUNE LIBRE : A PRIPARAZIONE DI E TERRITURIALI. GUERRA PICROCULINA O MALEDIZZIONE DI I FARISEI ?

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In un bigliettu pubblicatu ultimamente nant’à u so blog (http://www.pgp-web.com/cn/?p=2168) Petru POGGIOLI ammenta e « gambittate » è e « sgambittate » (figure di a ballera classica) ch’elle si provanu à fà e varie cumpunenti di u bloccu naziunalistu, in stu periudu di priparazione di e territuriali di u mese di dicembre 2015. Lire la suite

COMPRENDRE LE SCRUTIN DE DÉCEMBRE 2015

Dans une récente réflexion sur la préparation des futures territoriales de décembre 2015, l’un de nos membres relevait deux points importants :

  • l’absence de programmes ou de grandes lignes d’actions à quelques mois de l’échéance ;
  • une agitation générale et désordonnée dans la préparation de cette échéance qu’il expliquait par deux lectures sociologiques de la société Corse.

NB 1 : voir le billet intitulé « Préparation des territoriales : guerre picrocholine ou malédiction des pharisiens ? » 

Le présent billet complète cette réflexion en apportant quelques données en termes électoraux.

L’assemblée de Corse est composée de 51conseillers dont la désignation obéit aux règles définies par les articles L 366 et suivants du Code électoral.

La liste qui obtient la majorité absolue (la moitié plus un) des suffrages exprimés se voit attribuer neuf sièges complémentaires. Les sièges restants soit 42 (51- 9 = 42) sont répartis entre toutes les listes en présence, à la représentation proportionnelle.

L’expérience révèle que cette hypothèse ne s’est jamais réalisée et ce n’est pas la diversité des listes déjà annoncées (deux à droite, trois au moins à gauche) et celles à venir qui le permettra.

Dès lors il est vraisemblable qu’il y aura un second tour auquel ne seront admis à concourir que les listes ayant obtenu au premier tour un nombre de suffrages au moins égal à 7 % du total des suffrages exprimés.

Mais pour permettre d’intégrer au mieux la représentation de la volonté des électeurs les listes qui auront atteint au moins 5 % des suffrages exprimés et ne se présentent pas au second tour pourront fusionner avec une autre liste.

Il faut donc avoir en tête deux chiffres : 7% des suffrages exprimés pour être au second tour et 5 % des suffrages exprimés pour pouvoir fusionner avant le second tour.

Le facteur qui commande ces deux portes d’entrée au sein de l’Assemblé de Corse est le nombre de suffrages exprimés.

Penchons nous sur le passé, les élections territoriales de 2010 et les législatives de 2012 pour en avoir une appréciation réelle.

Les suffrages exprimés ont été les suivants :

Tableau_13_1

Le nombre de suffrages exprimés s’obtient en retranchant aux inscrits les abstentionnistes et les blancs ou nuls.

Il convient donc en premier lieu de situer à quel niveau seront les électeurs inscrits en décembre 2015.

D’un scrutin à l’autre, le nombre d’électeurs inscrits est passé de 213 312 à 220 178, soit une augmentation de 6 866 en nombre et 3,22 % en pourcentage, ce qui donne une augmentation annuelle de 1,61 % :

Tableau_13_2

Sachant qu’il y a eu des municipales en 2014 qui ont donné lieu à une recherche d’électeurs potentiels pouvant être inscrits dans chaque commune, le pourcentage annuel de 1,61 % peut être reconduit sans crainte et multiplié par trois puisqu’il y a, cette fois, trois années qui séparent les législatives de 2012 et les territoriales de 2015.

Ceci donne une augmentation de 1,61 % * 3 soit 4,83 % par rapport au nombre d’électeurs inscrits en 2012 :

Tableau_13_3

Conclusion 1 : le nombre d’électeurs inscrits en décembre sera de l’ordre de 231 000. 

Le nombre de suffrages exprimés lors des deux scrutins examinés a varié entre les valeurs suivantes : 59,61 % (1er tour des législatives 2012) et 67,42 % (2ème tour des territoriales 2010).

Dès lors nous allons envisager quatre hypothèses se situant entre ces ceux valeurs pour déterminer les suffrages exprimés de décembre 2015 : 59 % d’abord, 62 % ensuite, puis 65 % et enfin 68 %, ce qui donne le tableau suivant :

Tableau_13_4

À l’expérience la valeur la plus haute et la plus basse sont irréalistes pour un premier tour d’élection territoriale. La participation retenue se situe donc dans une fourchette allant de 62% à 65 %.

Conclusion 2 : il faudra 7 200 à 7 500 suffrages pour atteindre le seuil de 5 % afin de pouvoir fusionner.

Conclusion 3 : la barre des 7 % pour être au second tour est comprise entre 10 000 et 10 500 suffrages. 

Ces valeurs complètent l’explication sur l’absence de programme et l’agitation générale et désordonnée présentée dans le billet précité.

Pour mesurer la difficulté de l’exercice il est bon de rappeler les résultats du premier tour des territoriales de 2010 :

Tableau_13_5_bis

Conclusion terminale : les électeurs assistent pour le moment à un spectacle d’ombre où des accords potentiels sont jugés et calibrés par rapport aux personnalités occupant un territoire électoral et des éventuels apports en suffrages qu’ils pourraient apporter dans une union électorale. 

Question terminale : donneront-ils leurs suffrages sur ce seul critère ou leur choix dépendra t-il des perspectives crédibles de développement de l’île que les candidats potentiels sauront ou pas donner ?

TRIBUNE LIBRE : LA PRÉPARATION DES TERRITORIALES. GUERRE PICROCHOLINE OU MALÉDICTION DES PHARISIENS ?

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Dans un récent billet publié sur son blog (http://www.pgp-web.com/cn/?p=2168) Pierre POGGIOLI fustige les chats et entrechats (figures de danse classique) auxquels se livrent les diverses composantes de l’ensemble nationaliste, en cette période de préparation des territoriales de décembre 2015.

Il rappelle ensuite deux évidences qui semblent, pour le moment, échapper à tous les futurs candidats :

-les électeurs veulent connaître les grandes lignes de leur action future : le fameux programme souvent rédigé par quelques uns sur un coin de table ;

-et leur stratégie pour le second tour : les regroupements à opérer pour arriver en tête des suffrages et obtenir la prime majoritaire de 9 sièges, les 42 autres étant attribués en fonction du nombre de suffrages obtenus.

J’élargirai cette réflexion à la totalité de la représentation politique de l’île tant elle me semble pertinente, et pour cause….

À droite s’est tenue une réunion secrète avec indiscrétions savamment distillées, sur fond de berlines froissant le gravillon, dans une fraîche nuit du centre de la Corse. Il y aurait en l’état trois listes.

À gauche, il s’en dessinerait cinq : celle du Président de l’exécutif ; celle qui lierait Bonifacio, Afa et la conseillère municipale socialiste de Bastia ; celle issue du duo des malheureux candidats aux dernières municipales d’Ajaccio et de Bastia ; celle formée par une éventuelle alliance entre Corse social démocrate et le MCD représenté par le Président du SYVADEC et pour clore l’ensemble, une liste communiste.

Chez les nationalistes il s’en esquisserait trois : CORSICA LIBERA, FEMU et même une troisième liste…

Enfin il ne faut pas oublier le FN. Ce qui nous donnerait 12 listes, 612 candidats et pas un seul programme pour le moment… Espérons que septembre, propice à la floraison de la bruyère soit également propice à l’éclosion des programmes.

Comment expliquer cette agitation générale et désordonnée dans la préparation de cette échéance électorale ? Je propose deux lectures : une fondée sur la guerre picrocholine, l’autre sur la permanence de la malédiction des pharisiens.  

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 I – RAPPELS

Afin de ne pas désorienter le lecteur il convient d’effectuer quelques rappels sur ces deux notions.

 1 – La guerre Picrocholine

C’est un épisode qui figure dans le GUARGANTUA de Rabelais écrit au 16ème siècle.

Une querelle locale, oppose bergers de Grandgousier (grands gosiers) et fouaciers (boulangers) d’un bourg proche. Les torts ne sont pas tout à fait partagés : les bergers souhaitent acheter des « fouaces » (fougasses). Sans explication aucune les fouaciers répondent par des insultes et frappent les bergers. Et le conflit s’envenime : les bergers frappent à leur tour et s’emparent des fouaces, tout en les payant. Jusque là la balance penche en faveur des bergers.

Mais au lieu de calmer ce qui n’est qu’une petite querelle, le roi des bergers, PICROCHOLE, déclare la mobilisation générale, et attaque le pays de Grandgousier sans lui avoir déclaré la guerre. Face aux méfaits de la guerre le roi de Grandgousier envoie un ambassadeur pour faire entendre raison à PICROCHOLE. Celui ci interprète la démarche comme un geste de faiblesse et s’engage plus avant dans le combat. Mais son armée est tellement désorganisée qu’il perd le combat et s’enfuit en y laissant même ses vêtements.

Grandgousier réagit comme un roi : mansuétude pour les peuples, refus de l’annexion du domaine de PICROCHOLE qui reviendra à son fils et punition des responsables de la guerre, les fouaciers et les mauvais conseillers de PICROCHOLE.

L’expression guerre picrocholine est donc utilisée pour qualifier un conflit local, dont l’enjeu est minime, mené avec une totale démesure par des hommes aux grands gosiers ne sachant pas faire la part des choses, c’est à dire distinguer l’essentiel de l’accessoire.

2 – La Malédiction des Pharisiens

Cette fois le texte a 2000 ans et figure dans l’Evangile de Matthieu (Nouveau Testament)

J’en cite la partie qui s’applique à notre interrogation : « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! Parce que vous …dites : Si nous avions vécu du temps de nos pères, nous ne nous serions pas joints à eux pour répandre le sang des prophètes. Vous témoignez ainsi contre vous-mêmes que vous êtes les fils de ceux qui ont tué les prophètes. Comblez donc la mesure de vos pères ». (Matthieu 23-29 à 23-32).

Personnes imbues du savoir religieux, les Pharisiens, sont dans une stricte observance de la Loi Mosaïque, ce qui leur fait commettre des excès. En effet, par souci d’un respect minutieux de la Loi, ils méprisent les pauvres gens qui ne connaissent pas cette Loi et les empêchent de la connaître. Ce sont d’ailleurs eux qui composent la majorité du Sanhédrin, (Jean 11-47) c’est à dire de l’instance suprême de la communauté juive qui prononce le jugement que l’on sait, avant que Pilate ne l’acquiesce, tout en s’en lavant les mains.

Mais l’essentiel est contenu dans la phrase : « comblez la mesure de vos pères ». Ceux qui ont tué les prophètes et les sages qui ont précédé Jésus et dont parle l’Evangélise, ne sont pas les parents directs des pharisiens à qui est adressée la Malédiction. Mais ce sont leurs lointains ascendants. Les pharisiens auxquels Jésus parle sont les descendants de ceux qui ont commis ces meurtres et les dénoncent même. Cependant, par déterminisme historique ils ne sauront échapper à leur propre destin : faire comme leurs ascendants et condamner Jésus.

Ils « combleront la mesure de leur pères », ils seront à la mesure de leurs ascendants, ils feront comme leurs ascendants en condamnant Jésus, comme Jésus le leur annonce en ce verset.

L’expression malédiction des Pharisiens est donc relative à un déterminisme[1] historique qui puise ses racines dans le passé commun d’un groupe humain. Ceux qui le composent reproduisent les comportements véhiculés par leur commune histoire, malgré la dénonciation qu’ils en opèrent.

II – TRANSPOSITION À LA PRÉPARATION DES TERRITORIALES

1 – La lecture Picrocholine

A cette aune les similitudes sont multiples.

La querelle est locale : il s’agit, d’un point de vue national, d’une consultation qui concerne 320 000 personnes, soit la plus petite des futures régions. Celle qui est à l’avant dernière place, tant en population qu’en PIB, est le Centre – Val de Loire avec 2,6 millions d’habitants. Elle a un PIB de 69,6 milliards d’€ alors que celui de la Corse est de 8,2 milliards d’€. Mesurons l’écart !

La démesure est totale : 12 listes potentielles, 612 candidats et pas de programmes à part quelques rares esquisses ici ou là, mise à l’encan de quelques uns, querelles déclarées irréparables, roulements de tambours, regroupement de bataillons, réunions publiques avec démonstration de force, etc.

Les comportements ressemblent à ceux de bergers de Grandgousier : « coups politiques » entre voisins idéologiques, que ce soit à droite, à gauche ou chez les nationalistes, prises de positions destinées à se démarquer plutôt qu’à construire, stratégies tous azimuts, alliances officieuses ressemblant au mariage de la carpe et du lapin, etc.

Mais l’essentiel n’y est pas : absence de grandes lignes de l’action future et défaut d’affichage clair des alliances de second tour. Tout se passe en off : conciliabules, coups de fils et réunions plus ou moins secrètes.

2 – La lecture Pharisaïque

Tous disent qu’en ce 21ème siècle il s’agit de rompre avec les habitudes anciennes, les accords entre clans et faire passer l’intérêt de la Corse avant les querelles partisanes.

Et pourtant tous « comblent la mesure de leurs pères », reproduisent les comportements électoralistes anciens.

La droite qui se dit libérale, donc par définition respectueuse de la volonté et de la créativité individuelle, est dans un schéma pyramidal (pour ne pas dire dans un centralisme démocratique) avec deux grands généraux et un jeune colonel qui donnent la mesure à leurs potentiels électeurs.

La gauche qui se dit porteuse de progrès face au conservatisme, est empêtrée dans une querelle de chapelle, digne de figurer dans Astérix en Corse. On sent bien que le progrès et la vision moderne n’ont pas le même sens en Corse que chez Jaurès

Les nationalistes qui ont longtemps repris le refrain d’un célèbre groupe engageant les uns et les autres à ne pas aller voter pour des Grandgousiers avides de « fouaces », sont en train d’adopter les mêmes comportements que ceux qu’ils dénonçaient : le billet de Pierre POGGIOLI l’illustre à merveille.

En somme, les politiques Corses, quelle que soit la couleur de leur engagement, n’échapperont pas à la malédiction des Pharisiens : tout indique aujourd’hui, qu’ils combleront à leur tour la mesure de leurs pères, même en ce 3ème millénaire !

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3 – Conclusion

Ces deux lectures se complètent et sont, malheureusement, encore d’actualité dans notre île. Il faut reconnaître que la représentation politique ne manque pas d’imagination pour la stratégie, les déclarations d’ordre général, mais qu’elle est plus avare en matière de mesures concrètes et d’axes de développement pragmatiques.

Ce n’est pas le PADDUC, qui s’est transformé en document d’urbanisme, avec une partie relative au développement économique reléguée au second plan qui y pourvoira, d’autant que le document semble promis à une dense et riche jurisprudence constitutionnelle et administrative.

Les 22 000 demandeurs d’emploi et les 64 000 personnes vivant sous le seuil de pauvreté, eux, attendent. Les électeurs aussi, sont dans l’expectative.

Espérons donc que le mois de septembre, fera floraison de contenus programmatiques sérieux et argumentés ainsi que de clarté politique.

Roger Micheli

[1] déterminisme : comportement humain dont la cause relève des antécédents, du vécu du groupe.

CONTRIBUTION : DU PARADIGME AUX TROPISMES !

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Chers lectrices et lecteurs, vos nombreuses visites sur ce blog nous encouragent et nous incitent à persévérer.

Lors d’un précédent billet nous avions évoqué le changement de paradigme. Eh bien cette fois nous allons poursuivre en évoquant les tropismes (pas moins !!!) de nos élus et de leurs électeurs bien entendus, car ils ne seraient rien sans eux, ne l’oublions pas.

Le billet relatif au changement de paradigme démontrait :

-que la crise financière de 2007 et ses conséquences sur les finances des collectivités locales, n’avaient pas été prises en compte par nos communes ;

-qu’elles s’étaient comportées à rebours du mouvement national en ne s’adaptant pas au double bouleversement national et européen ;

-que la très grande majorité d’entre elles avait dépensé bien plus que les recettes nouvelles dont elles avaient bénéficié ;

-et que l’Etat avait bon dos.

Nous concluions en observant qu’il était difficile d’échapper à ses propres tropismes (forces obscures qui poussent un groupe à prendre certaines orientations), sauf à changer de paradigme.

Les tropismes évoqués sont fort bien résumés dans ce graphique issu du point statistique du ministère de la décentralisation et de la fonction publique pour 2012, consultable à l’adresse suivante : http://www.fonction-publique.gouv.fr/files/files/statistiques/point_stat/PointStat-emploi3FP 2012.pdf.

Il suffit d’aller en page 11 et vous y verrez ceci :

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Nous figurons donc à la meilleure place ! Soyez beaux joueurs, vous le saviez, mais à ce point non !

Nous détenons la plus forte progression du taux d’agents de la fonction publique (hors militaires) pour 1000 habitants entre 2011 et 2012. Si nous rajoutions nos braves pandores nous éclaterions les statistiques !!! Déjà ce taux de progression est cinq fois plus important que la moyenne nationale (en violet sur le graphique).

Mais dans les faits cette première place est bien peu enviable, car elle diminue d’autant la capacité d’investir, de préparer l’avenir de nos enfants.

Rappelez vous que la gestion quotidienne d’une commune, correspond à celle d’un ménage : une partie de la gestion concerne le fonctionnement quotidien de la commune (c’est la partie qualifiée de fonctionnement), l’autre partie concerne les opérations d’équipement que la commune choisit de mener pour son développement (c’est la partie qualifiée d’investissement).

La partie fonctionnement regroupe toutes les recettes et les dépenses nécessaires à la gestion courante et régulière de la commune, celles qui reviennent chaque année :

            – Les dépenses concernent le personnel, l’entretien des bâtiments et des matériels, les consommations d’eau et d’électricité, les charges de participations à l’intercommunalité et les intérêts des emprunts en cours.

            – Les recettes sont très majoritairement constituées par le produit des impôts directs locaux (TH, TP, TF), des taxes et des dotations de l’État et des produits des domaines à la suite d’occupation du domaine public (terrasses des commerces par exemple).

            – L’excédent de recettes par rapport aux dépenses, est utilisé en priorité au remboursement du capital emprunté, le surplus constitue l’autofinancement qui permettra d’abonder le financement des investissements prévus par la collectivité.

Une commune doit donc se comporter chaque année, comme un jeune ménage, en maîtrisant ses dépenses afin de dégager un apport personnel pour mener à bien la préparation du futur, sans que les emprunts qui viendront compléter l’apport personnel ne soient trop lourds à supporter.

Comme les dépenses de personnel constituent plus de la moitié du total des dépenses des communes (voir tableau suivant, source : les dépenses des collectivités locales, Ministère de la décentralisation), il devient de plus en plus urgent de les maîtriser, afin de dégager de quoi financer l’investissement :

PT2

Déjà la Cour des comptes, dans son rapport thématique d’octobre 2013 sur les finances publiques locales, faisait remarquer que, théoriquement, les dépenses de personnel des communes auraient du diminuer en raison de la mutualisation des moyens après l’installation des intercommunalités : personnels transférés aux intercommunalités pour remplir des missions auparavant effectuées par les communes : ramassage des ordures ménagères par exemple.

Mais en fait, ces dépenses (en jaune), ainsi que leur part dans le total des dépenses de fonctionnement (en rosé), n’ont cessé de croître, comme le montre le tableau ci-dessus, alors que le transfert des personnels au sein des intercommunalités aurait du les faire baisser ou à tout le moins les maintenir à leur niveau antérieur.

Jusqu’ici nous sommes dans un mouvement de court terme où chaque commune, fait de l’électoralisme : la Corse n’a pas ce malheureux privilège.

Mais en revanche, la Corse a le triste privilège de ne pas échapper à ses propres tropismes, celui de continuer et continuer encore à augmenter ses dépenses de personnel, quelle que soit la situation économique générale. Nul besoin d’expliquer que ce n’est pas l’amélioration du service rendu aux usagers qui explique ce mouvement chez nous.

En voici la preuve. Après la crise de 2007, le rythme d’augmentation des dépenses de personnel des communes a baissé de 4,5 points : il était d’un peu moins de 17 % avant la crise, il dépasse légèrement les 12 % après la crise :

PT3

Or en Corse, c’est l’inverse, ce sont nos tropismes (forces obscures qui poussent un groupe à prendre certaines orientations) qui sont à l’oeuvre. Déjà le taux de progression moyen de ces dépenses était supérieur de 5 points à la moyenne nationale entre 2002 à 2007.

Après la crise,alors que chacun sait que les ressources d’Etat vont baisser, il connaît un double mouvement qui nous est spécifique :

-il augmente au lieu de baisser comme dans les autres communes ;

-mieux encore cette hausse s’amplifie de trois points en passant de 23 à 27 % alors qu’elle était déjà supérieure à la hausse moyenne avant la crise (voir tableaux in fine).

Désormais le différentiel est de 14 points : 13 % pour les communes du pays et 27 % en Corse.

Rassurez vous, il y aura bien quelques conséquences. Elles se résument rapidement : les investissements vont baisser, les impôts locaux vont augmenter et les élus quémander comme d’habitude quelques subsides à l’Etat qui n’en a plus, mais il n’y aura pas de remise en cause du fameux paradigme de gestion !

Comme vous le constaterez dans les tableaux suivants, s’il y avait 7 communes sous la moyenne nationale avant la crise, il n’y en a plus que 5 après la crise, avec trois qui appartiennent à la communauté d’agglomération de Bastia (allez savoir pourquoi en raison du déficit abyssal de la dite CAB…) et deux remarquables par leurs exécutifs respectifs ….

Nous disions donc que la Corse n’avait pas la capacité d’échapper à ses propres tropismes, sauf à changer de paradigme.

Quoique, quand nous disons tropismes, au sens de forces obscures, nous savons tous de quelles forces il s’agit, mais elles deviennent obscures à l’entendement humain, car elles ne réagissent pas à la raison, en refusant de s’adapter au principe de réalité, qui aurait du les conduire à agir comme les autres communes.

Alors cher lecteur, tropisme ou pas tropisme ?

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NB 1 : les deux tableaux ci-après présentent le montant des dépenses de personnel exprimées en milliers d’€. AinsiSANTA MARIA DE LOTA a des dépenses de personnel qui s’élèvent à 260 milliers d’€ en 2003, 413 milliers d’€ en 2007. En langage commun cela donne des dépenses de 260 000 € en 2007 et de 413 000 € en 2007.

NB 2 : les personnes désireuses d’avoir ce texte sous un format PDF peuvent en faire la demande à l’adresse mail suivante : ichjassi@gmail.com. Il en va de même pour tous les autres déjà publiés.

ANNEXES

Avant la crise de 2007

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Après la crise de 2007

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LES TRANSPORTS ET LE RETABLISSEMENT DES RELATIONS ENTRE LA CORSE ET SON ESPACE NATUREL

Transports

La crise des transports qu’a connue la Corse en juin 2014 et qui se renouvellera dans les prochains mois, nul n’en doute, a servi de révélateur à la crise de l’organisation de nos transports et mis en avant l’inadaptation du dispositif de continuité territoriale.

Comme chacun évoque ce dispositif il convient de faire quelques rappels.

I – LA CONTINUITÉ TERRITORIALE

Pour mémoire, le dispositif de continuité territoriale a pour objectif de réduire les contraintes de l’insularité et d’assurer la libre circulation des personnes et des biens à l’intérieur des Etats membres.

Ce dispositif a été mis en œuvre le 1er janvier 1976 pour les liaisons maritimes, puis étendu trois ans plus tard (en 1979) aux liaisons aériennes. Il est encadré par plusieurs règlements et directives communautaires, transposés en droit français, afin d’éviter toute distorsion de concurrence entre les transporteurs (d’où l’abondante jurisprudence du tribunal administratif de Bastia qui annule régulièrement les DSP).

Ce système qui n’a pas été revu depuis 40 ans, a arrimé la Corse au seul continent Français.

De fait la Corse n’a pas été en mesure de développer des liens commerciaux avec les autres régions méditerranéennes continentales ou îliennes de l’UE, qu’elles soient françaises, italiennes ou espagnoles.

C’est le défaut de conception jacobin de ce dispositif qui a fait de la Corse un marché captif de consommation :

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Comme le montrent les chiffres de l’Insee ci-dessus, les exportations de la Corse représentent en moyenne ¼ de ses importations. De plus cette tendance est à la hausse, comme l’illustre l’augmentation du solde (importations –exportations).

La conséquence en a été de limiter le système productif corse à un marché de production qui ne vit que sur des niches. Ces niches se situent dans l’agro-alimentaire,le bois, quelques services informatiques et dans l’industrie avec Corse composites, réussite industrielle, mais qui est un cas à part.

Mais pourquoi en est-on arrivé là ?

Malheureusement par occultation de l’histoire et de la géographie méditerranéennes !

II – L’OCCULTATION DE L’HISTOIRE ET DE LA GÉOGRAPHIE

Fernand Braudel, historien de renommée mondiale décédé en 1985, a consacré de nombreux ouvrages à la Méditerranée, dont deux sont remarquables :

– « la Méditerranée, l’espace et les hommes » en 1977;

– « la Méditerranée, les hommes et l’héritage » en 1978.

Son apport est immense, car il fait émerger trois notions du temps dans cette histoire méditerranéenne :

-le temps géographique quasiment immobile,

-le temps social qui évolue lentement,

-et le temps individuel qui évolue en fonction des évènements provoqués par les hommes (batailles, alliances et échanges commerciaux).

Appliqué à la Corse le temps géographique est immobile depuis la séparation avec la Sardaigne, en raison de la montée des eaux il y a 11 000 ans.

Appliqué à la Corse le temps social évolue lentement et à l’identique des autres îles, avec un décalage temporel sur le progrès social acquis sur le continent européen.

Appliqué à la Corse, le temps individuel, donc la vision politique centralisatrice, va primer lors de la mise en place de la continuité territoriale.

Exit alors la géographie et l’histoire !

Pourquoi ?

Parce que la continuité territoriale est construite dans une Europe naissante. Elle est dominée par l’Europe du Nord, avec une France centralisé sur Paris (voir le célèbre ouvrage Paris et le désert français) et une Italie plus préoccupé par son continent que par ses îles en 1973, au moment où la construction européenne n’en était qu’à la CEE.

L’arrivée de la Grèce en 1981 puis du Portugal et de l’Espagne en 1986 n’y changeront rien, compte tenu de leur arrivée récente et de leur faible poids économique de l’époque.

Ainsi chacun accepte, de facto, que ce principe de continuité territoriale soit centré sur les relations entre les îles et leur Etat :

-Sardaigne et Sicile avec l’Italie,

-Corse avec la France,

-Baléares avec l’Espagne.

De fait les îles voient leurs échanges quasiment impossibles avec les autres parties de l’UE, alors même que le but de la CEE puis de l’UE, est de faciliter la libre circulation des hommes et les échanges de biens et de services à l’intérieur de son espace.

C’est le défaut de conception du dispositif de continuité territoriale !

Il est clairement décrit dans un autre ouvrage du même Braudel, intitulé « La dynamique du capitalisme » en1985.

Il y définit le concept « d’Economie Monde », sur la base de trois éléments :

– un espace géographique déterminé qui dispose de frontières ;

– un centre, la ville dominante des échanges économiques et commerciaux ;

– une hiérarchie : un cœur entourant la « ville centre », des zones intermédiaires et des bordures, larges et subordonnées.

Pour nous autres îliens, l’espace borné est celui de l’UE.

Pour nous autres Corses, le centre, la ville dominante est Marseille, puisque c’est l’endroit à partir duquel rayonnent les échanges commerciaux.

Pour nous autres Corses, le coeur entourant la ville centre, Marseille est composé d’un coeur droit, Ajaccio et d’un coeur gauche, Bastia qui sont les deux ports principaux. Nos ports secondaires sont les zones intermédiaires et les zones rurales les bordures de cet espace géographique.

Et dire que des organisations marseillaises et leurs relais corses, se donnant pour but de lutter contre le capitalisme, ont agrégé dans leur inconscient cette notion de « ville centre », si chère au développement du capitalisme, comme le démontre Braudel dans « la dynamique du capitalisme ». Mais les hommes sont des hommes et il leur arrive de nier la réalité îlienne…

On arrive ainsi à une Europe à deux vitesses :

l’une ouverte aux autres pays, constituée par les régions continentales de l’UE ;

l’autre composée des îles méditerranéennes qui sont économiquement bornées aux pays dont elles sont une partie administrative.

Or faut-il le rappeler, la Méditerranée est le creuset de ce que l’on a coutume d’appeler « la civilisation occidentale ». Cette civilisation, construite par le siècle des Lumières n’existerait pas sans l’apport culturel et l’héritage d’Athènes et de Rome, ni sans les échanges commerciaux qui y ont lieu depuis lors.

Au fil des siècles, ces échanges, en constante évolution, sous les effets conjugués de la pression démographique, de la croissance économique et de l’ouverture des marchés, se sont intensifiés.

Or en réduisant ces échanges aux relations entre les îles et leurs seuls Etats, le dispositif de continuité territoriale est la négation de notre culture commune, ainsi que la négation de l’histoire et de la géographie de la Méditerranée !

Comment sortir de cette impasse ?

Par une réconciliation culturelle, historique et géographique !

III – LA RÉCONCILIATION CULTURELLE, HISTOIRIQUE ET GÉOGRAPHIQUE

La première tentative plus politicienne que basée sur une réflexion cohérente fut celle de l’Union pour la Méditerranée. Elle a échoué, sans doute par impréparation et parce qu’elle voyait trop grand.

Pour la Corse il convient d’avoir une vision plus pragmatique : c’est celle de la mise en place d’une continuité territoriale entre territoires proches.

Il s’agit de la Sardaigne, de la Toscane (Florence) et de la Ligurie (Gênes). Puis viendront la région Languedoc-Roussillon et la Catalogne (Barcelone).

Commençons donc par la Sardaigne.

Comme indiqué précédemment, il y a 11 000 ans, avant la montée des eaux, les deux îles n’en faisaient qu’une. Puis la géographie et l’histoire les ont séparées, mais elles ont gardé une unité d’âme.

Pour converger vers cette unité les transports, notamment maritimes, ont un rôle primordial à jouer comme facteur d’intégration régionale

Aussi l’avenir des deux îles réside dans la maîtrise complète des transports et dans une plus grande intégration européenne et méditerranéenne.

Cependant le développement économique conjugué de ces deux îles ne se décrète pas.

Pour qu’il surgisse, il faut créer les conditions sur la base d’une position stratégique claire et simple : celle d’une initiative méditerranéenne de croissance et de développement durable !

IV – L’INITIATIVE MÉDITERRANÉENNE

Elle repose sur 4 axes.

Axe 1 : Une action internationale 

La Sardaigne et la Corse, puis les autres régions, doivent engager une action internationale avec une diplomatie régionale en direction des autres îles, mais aussi avec les régions continentales de Méditerranée.

Le but est de poser les problèmes à un juste niveau et de peser plus facilement sur les Etats et l’UE.

Le traité de Lisbonne qui consacre le principe de cohésion territoriale incitant à prendre toutes mesures en faveur des régions à forts handicaps, constituera la base de l’argumentation commune.

Axe 2 – Un sommet économique Sardaigne – Corse annuel

Ce sommet témoignera de la volonté des deux îles de prendre en main leur avenir économique.

Nous disposerions alors d’une force de frappe cohérente et globale, à même d’impulser les actions de coopérations internationales précitées et les actions de lobbying en direction de l’UE et des états italiens et français.

Axe 3 : Une continuité territoriale européenne

L’économie de la Sardaigne et de la Corse doivent s’ouvrir à l’international. C’est le seul moyen pour que nos îles trouvent les voies du développement dans leur espace naturel méditerranéen et au delà.

A ce titre le dossier des transports constitue un projet industriel méditerranéen.

Nous devons le porter dans un cadre international avec notamment les îles et régions voisines pour explorer toutes les synergies possibles, tant les problématiques rencontrées sont identiques.

A titre d’exemple, le cabotage depuis le continent desservant deux îles dans une même rotation constitue une de ces synergies. Il faut d’ailleurs la mettre rapidement en oeuvre pour sauver les liaisons Santa Teresa di Gallura – Bonifaziu et Prupià – Porto Torrès.

Axe 4 : Une stratégie économique avec des actions communes

            -en matière d’intelligence économique

Impulsée et en liaison avec les acteurs économiques, elle doit permettre aux entreprises Sardes et Corses de rechercher des débouchés, que ce soit en terme de production et de sous-traitance.

            -en matière de recherche et le développement économique

L’université de Corse et les universités Sardes devraient en être la composante essentielle.

Le réseau des chambres de commerce et d’industrie en Europe du sud, à l’exemple du réseau INSULEUR, doit être intégré dans les relations multilatérales que la Sardaigne et la Corse devront nouer.

Des coopérations sont à rechercher avec les principaux ports méditerranéens. La Sardaigne et la Corse pourraient ouvrir la voie en ce domaine.

Les partenariats universités et entreprises (clusters) sont de nature à promouvoir des activités économiques, notamment dans les technologies de pointe et du développement durable.

            -en matière de fiscalité

Un statut fiscal spécifique aux îles doit permettre le renforcement de l’investissement des entreprises et l’établissement de zones franches, paradis fiscaux exclus s’entend….

Ce statut permettra de favoriser les financements innovants, car ils transformeront les deux îles en acteurs de leur propre développement par leur action de proximité.

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Enfin, cette dynamique devra se poursuivre par un élargissement de cette stratégie aux régions continentales de l’UE : Toscane, Ligurie, Languedoc-Roussillon et Catalogne.

Plus nous serons nombreux, plus nous serons économiquement forts et plus nous serons entendus à Bruxelles et dans les diverses capitales de l’UE.

Il est temps pour les acteurs économiques de définir ce nouveau cadre stratégique.

Il est temps qu’il soit relayé par des femmes et des hommes politiques qui ne soient arc-boutés ni sur un centralisme parisien passéiste ni sur la négation de la réalité îlienne jusqu’ici pratiquée par de nombreuses forces politiques du continent européen.

« A to vicina hè a to cucina »

N.B. : les personnes désireuses d’avoir ce texte sous un format pdf peuvent en faire la demande à l’adresse mail suivante ichjassi@gmail.com.

AVANT LA RÉFORME, UNE OBLIGATION : CHANGER DE PARADIGME !

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La réforme, institutionnelle ou constitutionnelle, c’est déjà un peu rude à suivre, disent certains lecteurs. Aujourd’hui, les choses se compliquent encore un peu, avec la nécessaire obligation précédant la mise en oeuvre de toute réforme : changer de paradigme !

En bien direz-vous ! Ils y vont un peu fort ! Institutionnelle, constitutionnelle et maintenant Paradigme ! Que vont-ils chercher encore !

Chers lecteurs, paradigme est un mot « à la mode », qui signifie changer de modèle, changer d’habitude, changer la manière de voir les choses, changer la manière de faire les choses. Dans les développements suivants il sera entendu comme « un changement de modèle s’appuyant sur des faits et une base économique ». Pas moins !

Rappelez vous, de longs développements ont traité de la dette publique, de sa nécessaire maîtrise et des moyens d’y parvenir.

Peu ou prou, chacun s’accorde sur le fait que la France doit baisser le niveau de sa dette publique, de manière progressive et continue mais dans des proportions qui n’obèrent pas les possibilités d’investissement et/ou de soutien à l’économie. Evidemment cela exige de changer la manière de gérer les finances publiques, en rompant avec les anciennes habitudes : voila le fameux paradigme !

Venons en donc à la Corse. Il ne vous a pas échappé que de nombreux maires ont vitupéré contre l’Etat, ce fourbe qui diminuait ses dotations. La colère et l’incompréhension étaient encore plus fortes dès lors que de nouveaux maires arrivaient aux affaires.

Les promesses faites dans un contexte de crise, se trouvaient au surplus confrontées à un « méchant Etat » qui « allait leur donner moins de sous ».

Le présent billet se propose d’examiner cette situation et de montrer qu’il faut changer de paradigme dans la gestion des affaires publiques en commençant par l’échelon qui nous est le plus proche : la commune.

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1 – L’EXERCICE DE LA GESTION COMMUNALE

Avant d’aller plus avant, il convient de rappeler comment s’effectue la gestion quotidienne d’une commune. Elle correspond à celle d’un ménage : une partie de la gestion concerne le fonctionnement quotidien de la commune (c’est la partie qualifiée de fonctionnement), l’autre partie concerne les opérations d’équipement que la commune choisit de mener pour son développement (c’est la partie qualifiée d’investissement).

Pour notre affaire de paradigme, nous nous en tiendrons à la partie fonctionnement car c’est le point fondamental du changement, le point où tout se joue.

La partie fonctionnement regroupe toutes les recettes et les dépenses nécessaires à la gestion courante et régulière de la commune, celles qui reviennent chaque année.

Les dépenses concernent le personnel, l’entretien des bâtiments et des matériels, les consommation d’eau et d’électricité, les charges de participations à l’intercommunalité et les intérêts des emprunts en cours.

Les recettes sont très majoritairement constituées par le produit des impôts directs locaux (TH, TP, TF[1]), des taxes et des dotations de l’État et des produits des domaines à la suite d’occupation du domaine public (terrasses des commerces par exemple).

L’excédent de recettes par rapport aux dépenses, est utilisé en priorité au remboursement du capital emprunté, le surplus constitue l’autofinancement qui permettra d’abonder le financement des investissements prévus par la collectivité.

Notre commune doit donc se comporter chaque année, comme un jeune ménage, en maîtrisant ses dépenses afin de dégager un apport personnel pour mener à bien la préparation du futur, sans que les emprunts qui viendront compléter l’apport personnel ne soient trop lourd à supporter.

2 – LES FACTEURS PROVOQUANT LE CHANGEMENT DE PARADIGME

Jusqu’en 2007, les dotations de l’Etat, venant en recettes de fonctionnement communales, évoluaient en fonction de l’inflation et de la croissance du PIB. A partir de 2007, les dotations sont indexées à l’inflation seulement et provoquent une baisse des dotations. En 2011 les dotations de l’Etat sont gelées, sans tenir compte de l’inflation, ce qui signifie qu’elles baissent en valeur !

En 2014 les dotations à destination des collectivités locales ont baissé de 1,5 milliards d’€ afin de respecter le pacte de stabilité de l’UE. A compter de 2015 et pour 2016 et 2017, ces dotations vont à nouveau baisser de 3,67 milliards d’€ (soit 11 milliards sur trois ans) afin de financer le pacte de stabilité destiné à relancer l’activité grâce à 50 milliards d’€ injectés dans l’économie.

NB : Cette somme est financée par des économies : 18 milliards sur les dépenses de l’Etat (36 % du total), 10 milliards sur l’assurance maladie (20 % du total), 11 milliards sur la protection sociale (22 % du total) et 11 milliards sur les dotations aux collectivités locales (22 % du total), c’est à dire 3,67 milliards d’€ sur trois exercices.

Compte tenu de l’évolution des dotations d’Etat depuis 2007 et de la crise financière de 2008, une prise en compte du contexte national (maîtrise de la dette publique) et européen (respect du traité de Maastricht), aurait du conduire nos élus à anticiper ce mouvement de baisse des dotations d’Etat.

D’autant plus qu’une simple consultation sur le site dédié aux dotations destinées aux communes les aurait éclairés : (http://www.collectivites-locales.gouv.fr/collectivites-locales-chiffres-2014).

Paradigme1

On y remarque que les concours de l’Etat diminuent et que leur part dans le total des recettes de fonctionnement des communes est passé d’un peu plus de 40 % en 2007 à 25 % en 2012. Au surplus les contextes nationaux et européens ne vont pas changer ce mouvement. Dès lors les maires qui en majorité ont compris le mouvement rectifient leur mode de gestion.

De 2003 à 2007, l’augmentation des dépenses a été supérieure à celles de recettes, tant en valeur qu’en progression, (les communes dépensaient le surplus qu’elles encaissaient réduisant de la sorte leur capacité à dégager des fonds pour l’investissement). La raison en était l’approche des échéances électorales de 2008 (les hommes sont et demeurent des hommes) :

Paradigme2

Mais à compter de la crise financière de 2008, le double contexte national et européen a été pris en compte et on assiste à un mouvement contraire :

Paradigme3

En dépensant moins que le surplus qu’elles encaissent, tant en valeur qu’en progression, les communes retrouvent une capacité à dégager des fonds complémentaires pour leurs investissements.

Elles ont opéré un changement de paradigme : maîtrise des dépenses afin de dégager du surplus pour investir !

3 – LE COMPORTEMENT DES COMMUNES CORSES DURANT CES 2 PÉRIODES

Pour avoir des chiffres et des mouvements significatifs sur la totalité de l’île, 27 communes de plus de 2000 habitants, représentant près de 110 000 habitants, soit le tiers du total de la population de l’île, ont été retenues sur la base de la carte administrative 2015.

– Pour la période 2003 à 2007, la moitié des communes (en jaune) ont un comportement vertueux (il faut préciser qu’elles sont assises sur une manne fiscale en raison des constructions nouvelles qui s’y implantent), l’autre moitié (en gris) succombe à la facilité avec une progression des dépenses supérieure à celle des recettes. Nous sommes dans le comportement moyen des communes de France.

– Pour la période 2007 à 2012 nous sommes à rebours du mouvement national : cette fois, ce sont 17 communes sur les 27 de notre échantillon qui n’ont pas su, voulu, compris (au choix du lecteur) qu’il fallait changer de paradigme, de comportement, de méthode en raison du double bouleversement national et européen.

– De 2007 à 2012, la progression totale des dépenses est supérieure de 2,5 point à celles des recettes, alors que pour l’ensemble des communes de France la progression des recettes est supérieure de 1,3 point à celle des dépenses. Il y a donc un différentiel de 3,8 points.

MASCONE a raison : nous sommes des « Français Particuliers »…….

 La très grande majorité de nos communes a dépensé bien plus que les recettes nouvelles dont elles ont bénéficié. L’Etat a bon dos !…..Les rédacteurs de ce blog pensent qu’il est difficile d’échapper à ses propres tropismes (forces obscures qui poussent un groupe à prendre certaines orientations), sauf à changer de paradigme bien sur….

Et vous cher lecteur, en conscience, qu’en pensez-vous ?

[1] TH : Taxe d’Habitation, TP : Taxe Professionnelle, TF : Taxe Foncière

Annexes

Données relatives à la période 2003 à 2007

Paradigme4

Données relatives à la période 2007 à 2012

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LA FRANCE EST-ELLE INDÉPENDANTE ?

Telle est la question qui est soulevée au gré de nombreuses discussions dans l’île. Mais au fait « indépendante » qu’est-ce que cela signifie ?

L’indépendance d’un pays se caractérise par l’absence de soumission à une puissance supérieure. Le pays est alors reconnu comme « souverain ». C’est-à-dire qu’il peut exercer à l’intérieur de son espace, son pouvoir, au travers d’institutions et d’un système de règles de droit pour peu que ce soit une démocratie.

C’est François 1er, le bien nommé, qui a pour la première fois, formalisé les prérogatives qu’exerce le « souverain » par des lettres de 1524. Elles concernent : la défense, la justice, le gouvernement et l’administration, la législation, la fiscalité et les grâces.

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 Puis un juriste favorable à l’absolutisme, Jean Bodin (1530-1596) formalise les principes sur lesquels est fondée la souveraineté d’un pays. Pour ce partisan de la royauté il appartient en propre au souverain de : « donner et casser les lois, décider de la guerre et de la paix, nommer tous les agents de l’Etat, juger en dernier ressort et exercer le droit de grâce ».

Ces grands domaines, à la source de la tradition constitutionnelle française, sont qualifiés de pouvoirs régaliens de l’Etat. Ils relèvent du domaine de la loi et sont décrits par l’article 34 de la Constitution.

On peut les résumer par :

-la justice ;

-la politique étrangère ;

-la défense et la sécurité ;

-la monnaie.

S’y rajoutent d’un point de vue fonctionnel, des missions de protection sociale (sécurité sociale, solidarité) et des misions de régulation (réglementation, éducation et formation, aides).

Mais qu’en est-il au quotidien, car la France est liée par des traités internationaux et fait partie de l’UE ?

1 – S’agissant de la justice

La France n’est plus souveraine car elle a ratifiée en 1974 la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Le justiciable peut donc faire appel des décisions de justice rendues en France devant la Cour européenne des droits de l’homme (CDEH), chargée de veiller au respect de la dite Convention.

La CDEH a par exemple condamné la France dans l’affaire TOMASI (arrêt du 27 août 1992) pour traitement à caractère inhumain et dégradant et dépassement du délai raisonnable de la procédure. Mais il existe bien d’autres condamnations qui sont accessibles sur le site de la CDEH à l’adresse suivante : (http://www.echr.coe.int/Pages/home.aspx?p=home&c=fra).

La souveraineté de la France en matière de justice n’est donc pas absolue, mais relative.

2 – S’agissant de la politique étrangère

Chaque État membre de l’Union européenne (UE) conserve une entière souveraineté dans la conduite de sa politique étrangère.

La politique étrangère et de sécurité commune (PESC), instaurée par le traité de Maastricht en 1992 n’est, elle, pas opérationnelle. Par exemple dans le conflit Russie-Ukraine, l’UE poussée par la Pologne, les États baltes et les USA, applique des sanctions pour faire plier Poutine. Mais l’Allemagne et la France s’interrogent aujourd’hui sur le bien fondé de cette politique tant leurs intérêts économiques les poussent à renouer avec la Russie, partenaire économique historique.

La tendance profonde de la diplomatie française est la fin de l’affichage d’une démarcation systématique vis-à-vis des USA. Depuis le retour dans l’OTAN en 2009, la diplomatie française ménage sa bonne relation avec le camp occidental (Israël inclus), malgré la reconnaissance en 2012 du statut d’observateur de la Palestine à l’ONU.

Avec l’arrivée de Laurent Fabius aux affaires étrangères, la diplomatie n’obéit plus au seul primat du politique mais a intégré une dimension économique : le commerce extérieur et le tourisme sont sous tutelle des affaires étrangères. Le pragmatisme d’une diplomatie au service des emplois l’emporte sur les positions idéologiques nationales, à rebours du discours politique habituel tenu auprès de l’opinion publique.

La souveraineté de la France en matière de politique étrangère est donc pleine et entière.

3 – S’agissant de la défense et de la sécurité

La politique de défense vise à protéger les intérêts vitaux (intégrité du territoire national et protection de la population), les intérêts stratégiques (maintien de la paix sur le continent européen, en Méditerranée et dans les espaces d’échanges commerciaux) et les intérêts de puissance (dotée de l’arme nucléaire, la France est membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies avec « droit de véto »).

Les interventions militaires sont encadrées à l’exception de l’évacuation de ressortissants français (Zaïre en 1993, République démocratique du Congo  en 1998). Elles se font sous mandat de l’ONU (Bosnie en 1992, Rwanda en 1994) de l’OTAN (Kosovo en 1999, Irak en 2003, Lybie en 2011) ou dans le cadre d’accord bilatéraux (Mali en 2013). C’est dans ce dernier cadre (accords de défense avec le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Tchad et Djibouti) que la France entretient encore des troupes en Afrique.

A l’exception de l’évacuation de ressortissants pour des raisons de sécurité ou d’une hypothétique attaque du territoire national, la souveraineté en matière de défense est strictement encadrée.

4 – S’agissant de la monnaie

 En ce domaine l’affaire est simple. En 1999 les banques centrales nationales de onze États, dont la France, puis celles de 18 Etats au 1er janvier 2014, ont transféré à la Banque centrale européenne (BCE) leurs compétences en matière monétaire.

La politique monétaire a pour objectif la stabilité des prix par le biais de mesures monétaires classiques : dès que l’inflation s’élève la BCE restreint l’accès au crédit, par une hausse des taux d’intérêts. En cas de déflation (baisse généralisée des prix et des salaires se traduisant par une forte augmentation du chômage), la BCE facilite l’accès au crédit par une baisse des taux d’intérêts.

La France ne dispose donc plus de la souveraineté monétaire, celle qui lui permettait de dévaluer sa monnaie, afin que tout ce qu’elle produisait soit moins cher à l’exportation et provoque une relance de l’activité économique intérieure et la création d’emploi.

5 – S’agissant de protection sociale

La France dispose de sa souveraineté mais elle est limitée par des contingences inhérentes au système de santé et de solidarité. Si celui ci est en déficit comme c’est les cas actuellement (sa dette s’élève à 225 milliards d’€ et représente 11 % du PIB), elle devra prendre des mesures pour que le remboursement de cette dette n’influe pas sur la qualité de son système de santé.

Sous cette réserve, elle reste maîtresse chez elle et dispose donc de sa souveraineté.

6 – S’agissant de régulation  

Il en va de la régulation comme de la monnaie.

La France est dans l’obligation d’adapter son dispositif juridique aux directives de Bruxelles et les tribunaux le lui rappellent bien souvent en annulant une transposition infidèle ou incomplète (CE, Sect., 28 avril 2003, Fédération française des courtiers d’assurance et réassurance, n° 233343) ou en contradiction avec des dispositions précises et inconditionnelles (CE, Sect., 27 juillet 2001, Compagnie générale des eaux, n° 229566).

Il en va de même en matière de droit du travail (le contrat nouvelle embauche de 2005 a été jugé contraire à la convention n°158 de l’Organisation internationale du travail). S’agissant du régime des aides il n’est qu’à voir la série de décisions sur les aides versées à la SNCM pour comprendre que la France a perdu sa capacité décisionnelle en l’affaire.

En matière de régulation, la souveraineté de la France n’existe donc plus.

&&&

Remarquons pour conclure que 66% de la dette publique de la France est détenue par des non résidents et qu’il en va de même pour près de 50 % du capital des plus grandes entreprises françaises (celles qui sont cotées au CAC 40).

La conclusion est donc rude pour les cocardiers de tout poil : mise à part la politique étrangère, dans tous les autres domaines la souveraineté de la France est inexistante, contrainte ou encadrée.

Ce qui signifie que la souveraineté de la France, c’est-à-dire les pouvoirs régaliens qu’elle est en mesure d’exercer en tant que pays indépendant, est une illusion.

Vient donc la question qui est sur les lèvres de chaque lecteur : qu’en serait-il si l’on remplaçait le mot France par celui d’une région que nous chérissons ?

Fidèle à sa tradition, I CHJASSI DI U CUMUNU ne prétend pas imposer une position.

Mais les arguments présentés ci-avant sont, eux, de nature à permettre à chaque lecteur, en conscience, d’y apporter sa réponse.

TELETRAVAIL UN DES LEVIERS POUR LE DEVELOPPEMENT DE NOS TERRITOIRES ?

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État des lieux

La Corse est peuplée de façon inégale. Deux grands bassins de vie (région ajaccienne et région bastiaise) sont prépondérants. Les infrastructures, les administrations, les services et donc les entreprises sont implantés en grande majorité sur ces deux sites. Les autres parties de notre Île voient leurs populations décroitre inexorablement entrainant de véritables déserts démographiques. Ces régions à faible densité démographique sont, en règle générale, difficiles d’accès avec un réseau routier inadapté et parfois dangereux en saison hivernale. De plus, les deux « grandes villes » ont un plan d’urbanisme inadapté à cet afflux de population (réseaux routiers obsolètes, transports collectifs sous-dimensionnés, etc.). La qualité de vie dans notre Région s’en trouve ainsi impactée. Il est donc impératif de trouver des leviers permettant aux personnes le désirant de vivre sur l’ensemble de notre territoire. Même si ce choix est dicté par plusieurs facteurs, le principal est certainement celui de l’emploi. Donner l’opportunité de travailler à un endroit donné sans avoir à se déplacer systématiquement peut être le facteur déterminant dans le choix d’une installation. Ainsi, le télétravail semble être un de ces précieux leviers.

Ce qu’est le télétravail

Principe

Le télétravail est un mode de travail pratiqué à distance d’un lieu centralisateur. Sa mise en œuvre nécessite des outils informatiques et de télécommunications pour la transmission des données. Le travail « de base » et « historique » consiste en un individu effectuant des tâches de secrétariat au moyen de son ordinateur. Néanmoins, toutes les compétences peuvent être exercées par l’intermédiaire du télétravail. Ainsi, ce mode de travail balaye un large spectre de métiers. En effet, le télétravail compte près de 300 métiers référencés qui ont en commun de traiter de l’information : textes, images, sons. Par exemple, les graphistes, les programmeurs informatiques, les comptables, les traducteurs, les ingénieurs étude et développement, les experts en recrutement, les formateurs ou les vendeurs peuvent s’inscrire aisément dans cette catégorie de travailleurs. Ce qui est certain, c’est que cette liste est loin d’être exhaustive.

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Les différents types de télétravailleurs

Salarié d’une entreprise : une entreprise permet à certains de ses salariés de travailler de chez eux ce qui évite à ceux-ci d’aller tous les jours au bureau.

Indépendant : un indépendant est enregistré au registre du commerce et a un numéro de SIRET comme toute entreprise.

Le portage salarial : cela constitue une alternative pour ceux qui veulent s’essayer au télétravail sans prendre trop de risques. Le télétravailleur se met en relation avec une entreprise de portage salarial. Après avoir trouvé ses clients et des missions, il communique à l’entreprise de portage la facturation qu’il va appliquer à ses différentes missions. L’entreprise envoie la facture au client et se fait payer. Elle va ensuite rémunérer le télétravailleur après avoir payé ses charges et autres frais. Le télétravailleur est donc plus ou moins le salarié de cette entreprise.
L’avantage est qu’il peut avoir des missions quand il le souhaite.

Les prérequis du métier

Le métier de télétravailleur ne s’improvise pas. En plus de son propre métier, le télétravailleur doit également maîtriser toutes les fonctions liées à l’utilisation des nouvelles technologies. Il est à noter que ces prérequis peuvent s’acquérir assez rapidement par l’intermédiaire de la téléformation (E.Learning). La formation à distance présente même l’avantage de placer le futur télétravailleur dans la même situation que le télétravail.

Infrastructures nécessaires

L’objectif visé est de permettre au télétravailleur d’effectuer son travail dans d’aussi bonnes conditions qu’au bureau. Tous les télétravailleurs n’ont pas les mêmes besoins. En effet, le télétravailleur qui est en charge de téléformations a besoin d’une solution technique plus évoluée en ce qui concerne la téléphonie que le collaborateur qui rédige uniquement des rapports.
 Néanmoins, il est possible de donner une configuration standard :

Informatique : (1) Outils de bureautique classiques, (2) Accès à Internet, (3) Applications client-serveur type base de données.

Télécommunications : (1) la téléphonie, (2) les outils de e-meeting.

Quelques chiffres (Source : ANACT[1])

La proportion de télétravailleurs en France ainsi que le positionnement et le recours des entreprises à ce mode d’organisation est très difficile à évaluer à l’heure actuelle. Néanmoins, un rapport du Centre National Stratégique datant de 2009 qui combine les résultats de 3 enquêtes, portant sur 15 pays de l’OCDE[2]  montre que le télétravail reste peu développé en France sur la base d’un chiffre très approximatif de 5 à 10% de salariés. Une enquête plus récente, menée auprès de 20 grandes entreprises, montre l’essor du télétravail avec un taux estimé à 12% (plus de 2 millions de salariés). La France reste encore très loin des pays anglo-saxons et scandinaves (entre 20% et 35%).

Mise en place d’une politique incitatrice

Le télétravail est en adéquation avec l’articulation stratégique entre la politique de cohésion 2014-2020 et Europe 2020 qui se traduira à travers une concentration des Fonds structurels européens sur des objectifs thématiques (OT) (Article 9 du projet de règlement général). Ainsi, le télétravail va dans le sens de 6 OT sur les 11 définis par l’Europe : (OT 2) améliorer l’accès, l’utilisation et la qualité des technologies de l’information et de la communication, (OT 3) renforcer la compétitivité des petites et moyennes entreprises, (OT 4) soutenir la mutation vers une économie à faible teneur en carbone dans tous les secteurs, (OT 7) promouvoir le transport durable et supprimer les goulets d’étranglement dans le réseau principal, (OT 9) promouvoir l’inclusion sociale et combattre la pauvreté et (OT 10) investir dans l’éducation, les compétences et la formation tout au long de la vie.

L’émergence de services numériques à valeur ajoutée s’appuie sur des infrastructures de réseau très haut débit. Or, la qualité de la desserte numérique est très fluctuante voire insuffisante en Corse. Il sera donc impératif d’accompagner les investissements nécessaires pour y remédier. Ainsi, une politique incitatrice pourrait se concevoir en plusieurs étapes : (1) identification de zones géographiques défavorisées en ce qui concerne la desserte numérique, (2) aide des intercommunalités au déploiement des réseaux numériques sur ces territoires cibles, (3) formation au télétravail des acteurs économiques déjà sur place ou désirant s’installer dans ces régions, (4) aide à l’installation de ces nouveaux travailleurs (aide au logement, défiscalisation des entreprises, etc …).

Cette politique d’investissement conditionnera donc le développement de la Corse et sera un facteur de rééquilibrage des territoires.

[1] Agence National pou l’Amélioration des Conditions de Travail

[2] Organisation de Coopération et de Développement Économiques

« A’ ch’ùn face vede mancu ùn spachja »

LE GRAND INQUISITEUR DE TOLÈDE SÉVIT-IL ENCORE EN CORSE ?

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De quoi nous parle t-il ? Quel inquisiteur ? Tolède ? En Espagne ? Oui cher lecteur le Grand Inquisiteur ici évoqué, est celui décrit par le grand écrivain Fédor Dostoïevski dans son ouvrage intitulé « Les frères Karamazov ».

Voici brièvement résumé, le chapitre intitulé qu’il lui consacre.

Nous sommes à Séville, en Espagne dans les années 1500. C’est là, alors que chaque jour s’allument des bûchers à la gloire de Dieu, qu’Il a choisi de revenir.

Il apparaît sans se faire remarquer, mais tous le reconnaissent. Silencieux, il passe au milieu de la foule avec un sourire d’infinie compassion. Son cœur est embrasé d’amour et ses yeux dégagent la lumière. Il s’arrête sur le parvis de la cathédrale au moment où l’on dépose le cercueil d’une enfant. La mère se jette à ses pieds : « Si c’est Toi, ressuscite mon enfant ! ». Il prononce une fois encore TALITHA KOUMI (traduction en fin de texte) et la jeune fille se lève.

À ce moment passe le grand inquisiteur. C’est un nonagénaire au visage desséché et aux yeux caves où luit encore une étincelle. Il a tout vu et ses yeux brillent d’un éclat sinistre. Il le désigne du doigt et ordonne aux gardes de le saisir. Si grande est sa puissance et si grande est l’habitude qu’a le peuple à se soumettre, que la foule s’écarte et que dans un silence de mort les soldats l’emmènent et le jettent dans un sombre cachot.

La nuit venue, dans les ténèbres, la porte s’ouvre et paraît le grand inquisiteur, un flambeau à la main. Il s’approche et lui dit : C’est Toi, Toi ? Pourquoi es-tu venu nous déranger ? Est-ce toi ou son apparence ? Mais demain je te condamnerai et tu seras brûlé. Le Prisonnier ne dit rien et se contente de le regarder.

L’Esprit de la destruction et du néant, t’a tenté par trois fois dans le désert et tu l’as repoussé.

Tu as d’abord refusé de changer les pierres en pain, c’est-à-dire que tu as refusé de fonder ta parole sur le miracle.

Tu as ensuite refusé de te jeter depuis le pinacle du temple en demandant aux anges de te sauver, c’est-à-dire que tu as refusé de fonder ta parole sur le mystère.

 Tu as enfin refusé de régner sur tous les royaumes du monde, c’est-à-dire que tu as refusé de fonder ta parole sur l’autorité.

Tu as dis aux hommes que tu voulais les rendre libres. Eh bien nous avons achevé cette œuvre en ton nom mais nous l’avons corrigée. Nous l’avons fondé sur le miracle, le mystère et l’autorité. Et les hommes ont humblement déposée leur liberté à nos pieds et ne se sont jamais sentis aussi libres que jusqu’à présent.

Et dire que tu voulais aller les mains vides, en prêchant aux hommes une liberté que leur sottise les empêchent de comprendre, une liberté qui leur fait peur, car il n’y a et il n’y a rien eu de plus intolérable pour l’homme et la société ! C’est pour devancer cette demande que nous avons restauré le miracle, le mystère et l’autorité.

L’inquisiteur se tait, attendant la réponse du prisonnier qui l’a écouté tout le temps en le fixant de son regard calme et pénétrant. Tout à coup, le prisonnier s’approche du nonagénaire et baise ses lèvres. C’est toute sa réponse.

Le vieillard tressaille, ses lèvres remuent. Il ouvre la porte et dit «Va-t’en et ne reviens plus, plus jamais ! ». Et il Le laisse aller. Le baiser lui brûle le cœur, mais il persiste dans son idée.

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 Ceux qui croient au ciel connaissent l’argumentation développée par Dostoïevski, car elle est issue de la « parabole des tentations » telle que rapportée par l’Évangéliste Matthieu.

Pour ceux qui ne croient pas au ciel, quelques précisions méritent d’être apportées, sur la vision du Grand Inquisiteur.

Si les pierres avaient été changées en pain, les hommes auraient accouru, tel un troupeau docile, reconnaissants et tremblants avant que cette main miraculeuse ne se retire. Mais en disant que l’homme ne vit pas seulement de pain, Il n’a pas voulu le priver de la liberté, estimant qu’elle était incompatible avec l’obéissance achetée par des pains. Pour le Grand Inquisiteur les hommes sont incapables de se rendre libres. Aussi décide t-il de les nourrir et d’exiger d’eux qu’ils soient vertueux.

Si le saut depuis le pinacle du temple avait eu lieu, les hommes auraient compris que Dieu devait agir à la place de l’homme. Mais en refusant de se jeter, Il a refusé d’exiger que Dieu fasse tout à leur place. Il désirait une adhésion qui soit libre et non pas fondée sur le mystère. Pour le Grand Inquisiteur les hommes sont des pantins sans consistance, incapables de supporter les joies et les peines de la vie. Aussi décide t-il de rassurer l’homme dans l’épreuve en instaurant le mystère au travers du dogme.

Si le glaive de César avait été saisi les hommes auraient trouvé sur la terre un maître devant qui s’incliner, un gardien de leur conscience et le moyen de s’unir en une commune fourmilière. Mais Il n’a pas souhaité les dominer. Pour le Grand Inquisiteur les hommes incapables de se rendre libres et incapables de supporter les vicissitudes de la vie doivent disposer d’un maître. Aussi décide t-il de s’emparer de l’autorité, du glaive de César, afin que les hommes lui obéissent.

Quel lien y a-t-il entre ce récit, cette argumentation, la Corse et la question qui figure en titre ?

Le lien réside dans le fait que ces trois notions, miracle, mystère et autorité, sont présentes en Corse. Les notions de liberté et de la vertu y sont proclamées, mais…..le Grand Inquisiteur, qui agit chez nous sous le Masque du Politicien, quelle que soit sa couleur idéologique, a aménagé ces trois notions.

 1 – L’aménagement de la notion de miracle en terre de Corse

La notion de miracle existe de deux manières. La 1ère qui devrait prédominer consiste à changer les pierres de la solitude face aux épreuves de la vie en pain de réconfort et de soutien grâce aux autres hommes et aux institutions.

Mais souvent le soutien passe par une aide sociale, l’attribution du RSA, l’accélération d’un dossier face à l’urgence d’une situation.

Et alors intervient la 2ème forme du miracle : celle du circuit de connaissance politique, celle du soutien d’intérêt. Elle conduit à changer les pierres du besoin en lien d’obligation, en obéissance achetée par ces pains.

Or le processus du changement des pierres en pain ne fonctionne en sa plénitude que s’il est alimenté par le seul carburant en mesure de lui donner son sens : AGAPÈ au sens grec, CARITAS au sens latin et FRATERNITÉ en République.

Et ce changement n’exige rien en retour. Il a lieu parce qu’il rencontre un certains nombre de paramètres tels la difficulté dans laquelle se trouve l’autre et le respect qu’il implique.

Pour paraphraser Simone Weil, bien souvent « nous pensons que l’autre nous doit ce que nous imaginons qu’il nous donnera ». Dans le processus de changement de pierre en pain « il nous faut remettre toute dette ». Mais allez donc expliquer ce processus aux Grands Inquisiteurs de Tolède…pardon de Corse.

2 – L’aménagement de la notion de mystère en terre de Corse

Le Politicien corse, copiant le dogme ecclésial et avec le concours d’une longue tradition administrative a construit un système d’entrée, de passerelles, de connaissances, de lenteur du circuit administratif, d’absence de communication.

Il s’agit quasiment d’un processus initiatique à l’image des mystères d’Eleusis, dans la Grèce ancienne. L’avancée du dossier, de la demande sera dévoilée petit à petit, comme une lente ascension vers le saint Graal.

Le Grand Inquisiteur de Tolède…pardon de Corse, n’aura cesse que de maintenir son pouvoir discrétionnaire dans un lent dévoilement, si tant est que l’issue en soit heureuse.

Mais allez donc expliquer aux Grands Inquisiteurs de Tolède…pardon de Corse, que la République est fondée sur l’ÉGALITÉ des droits et devoirs……

3 – L’aménagement de la notion d’autorité en terre de Corse

Dès lors que les notions de miracle et de mystère sont détournées, les conditions sont requises pour installer une kyrielle de roitelets, des maîtres « devant qui s’incliner ».

Et malheureusement ce comportement est devenu d’une extrême banalité en Corse, de la plus petite commune à la plus grande collectivité de Corse.

Si l’on en croit les anciens grecs, Thucydide en l’espèce, les hommes exercent tout le pouvoir dont ils disposent. C’est comme du gaz qui se répand au sein d’une éprouvette pour en occuper tout l’espace.

Or la notion d’autorité consiste à ne pas occuper tout l’espace et à laisser du vide, afin que les autres puissent s’épanouir dans cet espace libre de pouvoir, de Kratos, bref à restituer de la LIBERTÉ.

Pour reprendre une formule de Simone Weil : « Dieu et toutes les créatures, cela est moins que Dieu seul ». (Posez l’inéquation et vous comprendrez !). Cela signifie en termes républicains, qu’une fois posée l’existence des autres, l’autorité doit leur permettre de s’accomplir.

Dans le cas contraire l’autorité deviendra idole : « Quittez vos dieux, adorez les nôtres » disaient déjà les vainqueurs aux peuples conquis.

Que conclure pour la terre de Corse ?

Dostoïevski pensait que le processus qu’il décrit se perpétuait jusqu’à la fin des temps.

Il pensait que les dieux disparus, on se prosternerait devant les idoles. C’est fait ! Nombreux sont ceux qui se prosternent d’une manière ou d’une autre devant les Grands Inquisiteurs de Tolède….pardon de Corse.

Il pensait que des hommes rebelles furieux, se détruiraient eux-mêmes. C’est fait ! Certains se sont détruits au sens premier du terme au sein de mouvances politiques marquées par la proximité.

Il pensait que d’autres faibles, se traîneraient aux pieds des Grands Inquisiteurs de Tolède….pardon de Corse, en criant qu’ils ont raison. C’est fait ! Les 22 000 chômeurs et les 64 000 personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté n’attendent que le fait du prince pour espérer sortir des difficultés.

Les rédacteurs de ce blog pensent qu’il faut en terminer avec ces Grands Inquisiteurs qui sévissent encore en terre de Corse. Ils pensent qu’il faut restituer leur sens plein et entier aux notions de FRATERNITÉ, d’ÉGALITÉ et de LIBERTÉ, qui sont une interprétation républicaine de ce que rejetait Celui qui est cité dans la « parabole des tentations » au travers du refus du miracle, du mystère et de l’autorité.

Et vous cher lecteur, en conscience, qu’en pensez-vous ?

NB : TALITHA KOUMI araméen qui signifie « jeune fille, lève toi, je te le dis »

LE POLITICIEN CORSE EST-IL PLUS PROCHE DE L’ÊTRE OU DU NEANT ?

Telle est la question qui m’est venue à l’esprit en lisant l’ouvrage « Modérément Moderne » de Rémi Brague, récemment paru chez Flammarion.

Cet éminent spécialiste de Platon et Aristote s’interroge sur l’évolution de l’Europe, confrontée à la modernité portée par la mondialisation. Cette mondialisation est le plus vaste mouvement d’échange de biens, de services, de capitaux et d’investissement connu sur la planète depuis la nuit des temps. La Chine et l’Inde sont venues se joindre aux USA et au Japon pour concurrencer une Europe qui a du mal à prendre corps.

À ce titre notre Corse est présente dans cette réflexion.

Pour analyser ce mouvement l’auteur fait référence aux concepts d’Aristote (précepteur d’Alexandre le Grand) qui analyse le monde et l’homme suivant des oppositions : blanc et noir, aveugle et doté de vue, juste et injuste, droit et courbe, simple et double, simple et multiple, etc.

Dans cet ouvrage Rémi Brague retient trois oppositions. La 1ère opposition est celle du bien et du mal, la 2ème opposition est celle du vrai et du faux et la 3ème opposition est celle de l’être et du néant.

La 1ère opposition (Bien/Mal) qui a traversé le 19ème siècle, repose sur une question sociale. En Europe et dans son empire, les hommes n’avaient pas de difficulté à voir l’injustice des structures économiques, reléguant les défavorisés à la lisière de l’humanité. Le mal était l’exclusion, la misère et l’exploitation des hommes. Le bien y a fait échec en les réintégrant au travers du progrès social au sens large : éducation, enseignement, droits sociaux, conditions de travail, accès à la santé, etc. Le 19ème siècle voit ainsi le triomphe du Bien sur le Mal.

La 2ème opposition (Vrai/Faux) qui a traversé le 20ème siècle est idéologique : nazisme et léninisme étaient fondés sur une nouvelle construction de la Vérité à répandre. Le nazisme se présentait comme une vision du monde fondée sur la « science des races ». Le léninisme se présentait comme une vision du monde fondée sur la science économique et l’évolution des sociétés. Le 20ème siècle a été le triomphe de la démocratie sur ces deux idéologies, qui ont conduit à des massacres humains dans des proportions que l’humanité n’avait jamais connu jusque là.

Le 21ème siècle voit se dessiner la 3ème opposition entre l’Être, détenteur du legs social du 19ème et de la liberté du 20ème siècle et le Néant. Par Néant, Rémi Brague entend la négation de l’humain absorbé et englouti par un progrès débridé, des dégâts environnementaux, la disparition des ressources naturelles et l’utilisation possible de l’arme atomique. Les triomphes humanitaires des 2 siècles précédents sont potentiellement en passe d’être niés au prétexte d’une libre concurrence (qui n’existe qu’en théorie), fondée au surplus sur le travail des enfants, des salaires misérables et l’absence de toute norme environnementale de protection.

Politiquement, le rempart contre cette mondialisation débridée et déloyale est la construction d’une Europe, plus grand consommateur du monde, et par là même, en capacité d’édicter des règles opposables à tous.

Ce contexte européen posé, que reste t-il des deux oppositions passées et de celle en cours dans notre île ?

Ces trois oppositions sont persistantes et imbriquées dans notre île.

Le refuge dans la fonction publique est une protection sociale recherchée par bon nombre de personnes qui ont eu à souffrir de l’arbitraire dans certaines entreprises.

Mais il y a un prix à payer : l’aliénation de sa propre pensée et la redevance envers celui qui a permis l’entrée dans ce filet économiquement sécuritaire (28 % de l’emploi salarié est dans la fonction publique, soit 7 points de plus que la moyenne nationale) La recherche du Bien s’accompagne d’une négation de soi, de son Être.

C’est un vieux sentiment humain fort bien décrit par La Rochefoucauld au 17ème siècle : « Il ne faut pas longtemps pour que nos idées et nos convictions prennent la couleur de nos intérêts. »

Dans ce processus y a là une double ignorance :

  • l’ignorance de la construction de soi au mépris du tapis de feuilles mortes de ceux qui nous ont précédés par celui qui «entre » ou « subit » ce mécanisme (le lecteur choisira le terme qui lui semble le plus approprié) ;
  • et l’ignorance de l’autre qui devient une marchandise électorale, générant au fil du temps une insatisfaction existentielle.

Celui qui exige cet abandon de soi, le pourvoyeur d’emploi, ne mise que sur le court terme, car il augmente les frais quotidiens de sa collectivité et diminue d’autant les sommes à consacrer à la préparation du futur, à l’investissement, à la Corse de demain. Il réduit l’Être au Néant, l’aliène de sa propre identité. Mais en même temps, le pourvoyeur d’emploi, celui qui exige un retour, se place lui-même dans le camp du Néant, car il ne voit pas l’identité, l’humanité de l’autre. En somme « le glaive corrompt par les deux bouts » (Simone Weil – La pesanteur et la Grâce).

La récente actualité politicienne des élections cantonales a révélé, s’il en était encore besoin, cette triste réalité : accords politiciens que nul n’aurait imaginés et tensions au sein de tous, je dis bien tous les courants politiques de Corse.

Le résultat est connu : régression culturelle au sens de perte d’autonomie de la pensée et fortes réactions identitaires au sens politique.

Mais l’histoire révèle que bien souvent :

  1. les opprimés y mettent du leur ;
  2. les dénonciateurs ne savent que dénoncer sans proposer d’alternative crédible.

Ce sont les deux ressorts de la perpétuation de la situation actuelle de la Corse.

Le but de ce blog est donc de présenter une réflexion afin de promouvoir l’autonomie de pensée politique et de proposer une alternative crédible au système actuel : poursuivre sur la victoire des 19ème et 20ème siècles et se placer du côté de l’Être en ce 21ème siècle.

Reste la question posée en titre : le politicien corse est-il plus proche de l’être ou du néant ?

À la lecture de ces développements vous connaissez notre réponse.

Mais l’essentiel pour le lecteur est d’y réfléchir dans le secret de sa propre conscience.

penseur_rodin