TELETRAVAIL UN DES LEVIERS POUR LE DEVELOPPEMENT DE NOS TERRITOIRES ?

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État des lieux

La Corse est peuplée de façon inégale. Deux grands bassins de vie (région ajaccienne et région bastiaise) sont prépondérants. Les infrastructures, les administrations, les services et donc les entreprises sont implantés en grande majorité sur ces deux sites. Les autres parties de notre Île voient leurs populations décroitre inexorablement entrainant de véritables déserts démographiques. Ces régions à faible densité démographique sont, en règle générale, difficiles d’accès avec un réseau routier inadapté et parfois dangereux en saison hivernale. De plus, les deux « grandes villes » ont un plan d’urbanisme inadapté à cet afflux de population (réseaux routiers obsolètes, transports collectifs sous-dimensionnés, etc.). La qualité de vie dans notre Région s’en trouve ainsi impactée. Il est donc impératif de trouver des leviers permettant aux personnes le désirant de vivre sur l’ensemble de notre territoire. Même si ce choix est dicté par plusieurs facteurs, le principal est certainement celui de l’emploi. Donner l’opportunité de travailler à un endroit donné sans avoir à se déplacer systématiquement peut être le facteur déterminant dans le choix d’une installation. Ainsi, le télétravail semble être un de ces précieux leviers.

Ce qu’est le télétravail

Principe

Le télétravail est un mode de travail pratiqué à distance d’un lieu centralisateur. Sa mise en œuvre nécessite des outils informatiques et de télécommunications pour la transmission des données. Le travail « de base » et « historique » consiste en un individu effectuant des tâches de secrétariat au moyen de son ordinateur. Néanmoins, toutes les compétences peuvent être exercées par l’intermédiaire du télétravail. Ainsi, ce mode de travail balaye un large spectre de métiers. En effet, le télétravail compte près de 300 métiers référencés qui ont en commun de traiter de l’information : textes, images, sons. Par exemple, les graphistes, les programmeurs informatiques, les comptables, les traducteurs, les ingénieurs étude et développement, les experts en recrutement, les formateurs ou les vendeurs peuvent s’inscrire aisément dans cette catégorie de travailleurs. Ce qui est certain, c’est que cette liste est loin d’être exhaustive.

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Les différents types de télétravailleurs

Salarié d’une entreprise : une entreprise permet à certains de ses salariés de travailler de chez eux ce qui évite à ceux-ci d’aller tous les jours au bureau.

Indépendant : un indépendant est enregistré au registre du commerce et a un numéro de SIRET comme toute entreprise.

Le portage salarial : cela constitue une alternative pour ceux qui veulent s’essayer au télétravail sans prendre trop de risques. Le télétravailleur se met en relation avec une entreprise de portage salarial. Après avoir trouvé ses clients et des missions, il communique à l’entreprise de portage la facturation qu’il va appliquer à ses différentes missions. L’entreprise envoie la facture au client et se fait payer. Elle va ensuite rémunérer le télétravailleur après avoir payé ses charges et autres frais. Le télétravailleur est donc plus ou moins le salarié de cette entreprise.
L’avantage est qu’il peut avoir des missions quand il le souhaite.

Les prérequis du métier

Le métier de télétravailleur ne s’improvise pas. En plus de son propre métier, le télétravailleur doit également maîtriser toutes les fonctions liées à l’utilisation des nouvelles technologies. Il est à noter que ces prérequis peuvent s’acquérir assez rapidement par l’intermédiaire de la téléformation (E.Learning). La formation à distance présente même l’avantage de placer le futur télétravailleur dans la même situation que le télétravail.

Infrastructures nécessaires

L’objectif visé est de permettre au télétravailleur d’effectuer son travail dans d’aussi bonnes conditions qu’au bureau. Tous les télétravailleurs n’ont pas les mêmes besoins. En effet, le télétravailleur qui est en charge de téléformations a besoin d’une solution technique plus évoluée en ce qui concerne la téléphonie que le collaborateur qui rédige uniquement des rapports.
 Néanmoins, il est possible de donner une configuration standard :

Informatique : (1) Outils de bureautique classiques, (2) Accès à Internet, (3) Applications client-serveur type base de données.

Télécommunications : (1) la téléphonie, (2) les outils de e-meeting.

Quelques chiffres (Source : ANACT[1])

La proportion de télétravailleurs en France ainsi que le positionnement et le recours des entreprises à ce mode d’organisation est très difficile à évaluer à l’heure actuelle. Néanmoins, un rapport du Centre National Stratégique datant de 2009 qui combine les résultats de 3 enquêtes, portant sur 15 pays de l’OCDE[2]  montre que le télétravail reste peu développé en France sur la base d’un chiffre très approximatif de 5 à 10% de salariés. Une enquête plus récente, menée auprès de 20 grandes entreprises, montre l’essor du télétravail avec un taux estimé à 12% (plus de 2 millions de salariés). La France reste encore très loin des pays anglo-saxons et scandinaves (entre 20% et 35%).

Mise en place d’une politique incitatrice

Le télétravail est en adéquation avec l’articulation stratégique entre la politique de cohésion 2014-2020 et Europe 2020 qui se traduira à travers une concentration des Fonds structurels européens sur des objectifs thématiques (OT) (Article 9 du projet de règlement général). Ainsi, le télétravail va dans le sens de 6 OT sur les 11 définis par l’Europe : (OT 2) améliorer l’accès, l’utilisation et la qualité des technologies de l’information et de la communication, (OT 3) renforcer la compétitivité des petites et moyennes entreprises, (OT 4) soutenir la mutation vers une économie à faible teneur en carbone dans tous les secteurs, (OT 7) promouvoir le transport durable et supprimer les goulets d’étranglement dans le réseau principal, (OT 9) promouvoir l’inclusion sociale et combattre la pauvreté et (OT 10) investir dans l’éducation, les compétences et la formation tout au long de la vie.

L’émergence de services numériques à valeur ajoutée s’appuie sur des infrastructures de réseau très haut débit. Or, la qualité de la desserte numérique est très fluctuante voire insuffisante en Corse. Il sera donc impératif d’accompagner les investissements nécessaires pour y remédier. Ainsi, une politique incitatrice pourrait se concevoir en plusieurs étapes : (1) identification de zones géographiques défavorisées en ce qui concerne la desserte numérique, (2) aide des intercommunalités au déploiement des réseaux numériques sur ces territoires cibles, (3) formation au télétravail des acteurs économiques déjà sur place ou désirant s’installer dans ces régions, (4) aide à l’installation de ces nouveaux travailleurs (aide au logement, défiscalisation des entreprises, etc …).

Cette politique d’investissement conditionnera donc le développement de la Corse et sera un facteur de rééquilibrage des territoires.

[1] Agence National pou l’Amélioration des Conditions de Travail

[2] Organisation de Coopération et de Développement Économiques

« A’ ch’ùn face vede mancu ùn spachja »

NOTE SUR LA RÉDUCTION DE LA DETTE PUBLIQUE : DEUXIEME PARTIE

DEUXIÈME PARTIE : LES RECETTES ET DÉPENSES DE l’ÉTAT

I – LES RECETTES DE l’ETAT

Compte tenu de l’importance du déficit annuel de l’Etat et des données qui sont exclusivement relatives à la gestion de la dette de l’Etat par l’agence France Trésor (AFT) les développements suivants concerneront exclusivement l’Etat.

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Sur l’augmentation de la TVA 

Elle aurait des effets limités sur les recettes globales, mais permettrait d’alléger de 10 % la charge annuelle de la dette (voir partie dépenses) :

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 Par ailleurs comme la France importe plus de produits hors zone UE, qu’elle n’en importe de la zone UE cela renforcerait la consommation intra UE mais rien ne dit que sa production en soit bénéficiaire.

Sur son corollaire : la maîtrise des dépenses

Politiquement elle marquerait un tournant en soulignant la gravité de la situation et ouvrirait la voie à une maîtrise des dépenses bien au-delà des 30 Mds (19 Mds sur les dépenses de l’Etat et 11 Mds de transfert en moins pour les collectivités locales) annoncés d’ici 2017 pour les dépenses de fonctionnement de l’Etat.

Le reste de la maîtrise des dépenses publiques s’opérera sur les dépenses d’assurance maladie et les dépenses de protection sociales.

S’agissant donc des dépenses de l’Etat on arrive à 30 Mds d’€ en trois ans, c’est-à-dire 10 M€ par an.

L’exécution définitive 2013 donne les valeurs suivantes : un total de dépenses de 455,5 Mds d’€, un total de recettes de 386,3 Mds d’€, soit un solde qui est celui de Maastricht : -69,2 Mds d’€. Ces 10 Mds d’€ représentent une baisse des dépenses de l’Etat de 2,2 % par an.

Tableau_9

Alain JUPPE estime qu’il convient d’opérer une baisse des dépenses de l’Etat de 20 Mds d’€ par an. Cela permettrait de réduire le déficit annuel en un peu plus de 3 ans, où alors d’arriver à l’équilibre budgétaire sur cinq ans (à recettes constantes, donc hypothèse prudente) et d’orienter ce qui n’est pas affecté à la diminution du déficit aux interventions économiques de l’Etat, ce qui serait plus judicieux à mon sens.

II – SUR LE MOUVEMENT COMPARE DES RECETTES ET DES DEPENSES 

 La comparaison porte sur la période post-crise financière.

L’augmentation des recettes de 32 Mds d’€ repose sur une augmentation des impôts et recettes fiscales : 30 Mds d’€. Son évolution tendancielle est de 3 % / an.

Tableau_10

NB : Les dépenses de transfert regroupent l’ensemble des transferts aux ménages (allocation adulte handicapé, RSA, APL, politique de la ville, handicap et dépendance et AME), aux entreprises (subventions à la création d’entreprises ou d’emploi), aux collectivités territoriales (DGF, FCTVA, DGD formation professionnelle) et aux autres entités (financement des régimes retraite de la SNCF, de la RATP et aide publique au développement).

La direction actée pour réduire le déficit a consisté à augmenter les impôts et les recettes fiscales. Mais il n’y a pas eu de maîtrise des dépenses qui continuent à croître, même si le rythme est plus faible.

Tableau_11

III – SUR LES DÉPENSES FINANCIÈRES

 Parmi ces dépenses il y a les « intérêts » versés chaque année aux prêteurs pour rembourser les emprunts souscrits pour couvrir les besoins de financements récurrents depuis les années 1980.

La dette de la France est détenue à 64 % par des non résidents à la fin 2014 – source AFT. Ces « intérêts » qui comprennent le remboursement des intérêts proprement dits et du capital s’élevaient à plus de 40 Mds d’€ en 2013.

La prévision les chiffre à 43,25 Mds en 2014 et à 44,34 en 2015.

La dette est émise suivant trois produits :

→les OAT (obligations assimilables du trésor) variant entre 2 et 50 ans. La plupart sont à taux fixe et remboursables in fine ;

→les BTAN (bons du trésor à intérêt annuel qui vont s’éteindre en 2017

→les BTF (bons du trésor à taux fixe) d’une durée de moins d’un an pour couvrir les besoins de trésorerie de l’Etat.

Le besoin de financement de l’Etat pour 2014 et 2015 se compose de deux grands postes :

→l’amortissement de la dette cumulée,

→et le déficit à financer.

Tableau_12

Il convient de remarquer que le mouvement global de la dette dépend de l’écart entre le taux d’intérêt auquel prêtent les marchés financiers et le taux de croissance.

     Si le taux d’intérêt est plus élevé que le taux de croissance, la dette s’accroit : ce fut le cas de 1991 à 1996 après la réunification allemande.

Si le taux d’intérêt est plus bas que le taux de croissance ce qui est le cas aujourd’hui avec une croissance légèrement positive mais des intérêts négatifs la dette se réduit.

Cet aspect peut apporter une amélioration conjoncturelle sur la dette à court terme, mais compte tenu du fait que la dette est composée à près de 90 % de dette à moyen et long terme les solutions sont à chercher ailleurs que dans l’attente d’un retournement conjoncturel :

 Tableau_13

VI – EXAMEN DE LA PROGRESSION DES DEPENSES DE CHAQUE FONCTION

Les fonctions qui ont le plus augmenté depuis 1995 sont : celles de la protection sociale avec 52 milliards de plus, celles des services généraux (qui contiennent le service de la dette) avec 38 milliards de plus, et celles de l’enseignement avec 25 milliards de plus.

 Tableau_14

Ceci étant il convient de distinguer deux grandes catégories de dépenses : celles sui sont au-delà de 30 Mds d’€ et celle qui sont en deçà de 7 Mds.

Dans la 1ère catégorie se trouvent par ordre décroissant sur l’année 2013, les services généraux, la protection sociale, l’enseignement, le remboursement de la dette, les affaires économiques, la défense et l’ordre et la sécurité.

Cumulées elles représentent plus de 95 % des dépenses et elles ont augmenté de 94 % sur la période examinée :

Tableau_15

 Dans la 2ème catégorie se trouvent par ordre décroissant sur l’année 2013, le logement et les équipements collectifs, les loisirs, la culture et les cultes, la santé (faible sur le budget de l’Etat car elle relève des dépenses des administrations de sécurité sociale) et la protection de l’environnement.

Tableau_16

Seront donc examinés ci-après les contenus de ces sept grandes fonctions, soit 95 % des dépenses de l’Etat, non parce que les autres ne sont pas importantes, mais parce que la structure générale du budget ainsi définie, conduit à examiner les grosses masses pour comprendre l’économie générale de la structure des dépenses.

« A’ chì spende più ch’ellu guadagna, và prestu à i forni »

La suite dans un prochain article…

REUNION PUBLIQUE DU 23 AVRIL 2015

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Synthèse de la réunion du jeudi 23 avril 2015

20 h Bistrot du Cours, 10 Cours Napoléon

Thème de la réunion : « Pourquoi ce cercle de réflexion aujourd’hui ?»

 Secrétaire de séance : Jean-Louis Rossi  

Objet : suite à la création du cercle de réflexion « I CHJASSI DI U CUMUNU », porté récemment sur les fonds baptismaux, les membres fondateurs ont présenté leurs engagements, leurs objectifs, leur mode d’organisation, ainsi que leurs moyens d’action.

Assistance : 52 personnes

Déroulement de la réunion

Accueil (à partir de 19h30)

Présentation (à partir de 20h)

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Introduction (JL Rossi) Genèse de la démarche. Présentation des fondateurs, de l’association et des outils (blog, réunions…). Quelques mots sur le déroulement de la réunion.

Présentation du cercle (J Taddei) Objectif de la démarche. Ce que sera la démarche. Sérieux et fondement de cette démarche.

Présentation des engagements (P Poggioli) Ce que considèrent les signataires de la charte. Les 6 engagements. Introduction de la thématique du jour et proposition de quelques sous-thèmes. Thème : « Pourquoi ce cercle de réflexion aujourd’hui ?» Sous-thèmes : « Ce cercle peut-il être un groupe de réflexions et d’études ? », « Peut-il être groupe d’influence ? », « Peut-il être identifier les problématiques essentielles? », « Peut-il permettre le dialogue au-delà des appartenances diverses ? », « Peut-il permettre de recentrer le débat sur des enjeux majeurs ? », « Peut-il permettre de donner une lisibilité à la démarche nationale ? », « Peut-il apporter une contribution aux décisions des structures ? », « Les moyens pour y arriver ? »

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 Parole à la salle Explication du principe du « bâton de parole » (F Bonardi)

Prise de parole (F. Bonardi est en charge de la logistique (passage du bâton), P. Poggioli (fait office de « chairman »))

 Interventions 

Remarque : les noms reportés sont ceux donnés par les différents intervenants lorsque ces derniers ont pensé à le faire.

S Barbolosi 

  • Questionnement sur la manière de « porter » concrètement l’action sur le terrain.

JL Rossi

  • Explication du principe du « système asservi » devant être appliqué.

P Casalonga 

  • Importance de l’utilisation des termes « Peuple » et « peuple ».
  • Nécessité de se pencher sur la définition du Peuple.
  • Ne pas limiter le patrimoine culturel à la langue.
  • Nécessité de voire le fonctionnement du cercle comme une intersection de plusieurs cercles qui se recoupent. Notion de cercles sécants. Partage des idées…

Pamela

  • Interrogation sur la possibilité que ce cercle puisse se transformer, par la suite, en force politique.

V Buresi

  • Interrogation sur la pertinence d’un tel cercle.
  • N’est-il pas prématuré et redondant de mettre en place une telle démarche alors qu’il existe déjà des structures politiques où peuvent s’investir les militants ?

F Bonardi

  • Mise en avant de l’importance de remettre du fond au débat et de se dégager des enjeux électoraux.
  • Reconnaissance des personnes qui luttent.
  • Intérêt d’une telle démarche : amener les gens à se parler.

P Poggioli

  • Cette réflexion peut nourrir les structures.
  • Ce cercle ne prétend pas détenir les solutions.

MA Leandri

  • Nécessité de se concentrer sur les fondamentaux.
  • Les membres du cercle ne sont pas là pour militer.
  • Ce cercle peut être vu comme un appui aux différents partis, un moyen d’apporter du fond.
  • Travail sur des dossiers bien identifiés en oubliant les contraintes des échéances électorales.

JD Rossi

  • Un lieu qui permet d’oublier les « tendances ».
  • Un moyen de surpasser les clivages.

J Ferrari

  • Le cercle n’est pas un parti politique.
  • Retour sur la notion de cercles sécants et sur la nécessité de donner du fond au discours politiques car le temps politique est court.
  • Nécessité d’avoir une vision à 25 ans.
  • Exemple : Autonomie, Indépendance ? Certainement des notions à approfondir pour voir réellement ce que chacun met derrière ces termes.

P Poggioli

  • Travaux sur des projets sociétaux majeurs pour notre île.

JL Rossi

  • Si ce cercle devient un espace de dialogue, le pari sera gagné.
  • Aucune incompatibilité entre les partis politiques et le cercle bien au contraire.

F Bonardi

  • Un espace d’échanges moteurs d’un espoir collectif.

P Casalonga

  • Retour sur nos droits et nos devoirs.
  • La force politique est différente d’un parti politique.
  • Il faut faire de la politique.
  • L’autonomie doit arriver avant l’indépendance. Le contraire n’est pas concevable.
  • Le terme « nationaliste » a pénalisé le mouvement.

S Barbolosi 

  • Problème de la dérive politicienne de la politique.
  • Nécessité du respect de l’être humain avant de parler de respect de la Terre.
  • Nécessité de se remettre en question, de changer les mentalités.
  • Réapprendre à vivre ensemble.

Krimau 

  • Les cercles de réflexion ont changé la face du monde par le passé.
  • Régionaliste, enfant de la Terre.
  • Notion d’âme de la Terre.
  • La connaissance permet la liberté de l’esprit.

JL Rossi

  • Les valeurs humaines transcendent le reste.

P Poggioli

  • Force politique est à dissocier de parti politique.
  • Trouver un axe commun.
  • Le but : l’émancipation.
  • Ne pas se laisser enfermer dans le débat électoral.

Intervenant X

  • Ne vit pas ce discours tous les jours.
  • Un malaise se fait ressentir avec une anxiété du à un sentiment de rejet et de racisme.

Pamela

  • Ressent la même chose que l’ intervenant X.

Momo Stitou

  • Je suis Corse.
  • Les nationalistes ont déjà réussi car je me définis en tant que Corse.
  1. Conclusion (JL Rossi)

Prochaine réunion : le jeudi 28 mai 2015 au Bistrot du Cours (Aiacciu) à 20 h sur le thème « Évolutions institutionnelles, pour quoi faire ? ».

TRIBUNE LIBRE : PETRA PARLAMENTA

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La mémoire collective de mon village a « porté » , jusqu’à nos jours, le fait que sa communauté, en des temps anciens, avait l’habitude de se réunir, en un lieu bien précis, pour échanger et décider de tout ce qui concernait « u so cumunu ». Aussi bien ce qui pouvait avoir trait au partage temporaire des terres à cultiver que des intérêts particuliers des individus et des familles. Il est « rapporté » que toutes les femmes et hommes pouvaient y participer ainsi que la représentation de chaque foyer sans aucune hiérarchie. Le lieu où se passaient ces échanges existe encore actuellement. Son nom de « Petra Parlamenta » porte en lui l’esprit qui y régnait. Je n’ai jamais trouvé dans mon expérience politique passée cet esprit que j’avais peut-être idéalisé. En quittant cette réunion riche et respectueuse, il m’est revenu à l’esprit : « Petra Parlamenta ».

 Ghjuvan Dumenicu Rossi

LE GRAND INQUISITEUR DE TOLÈDE SÉVIT-IL ENCORE EN CORSE ?

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De quoi nous parle t-il ? Quel inquisiteur ? Tolède ? En Espagne ? Oui cher lecteur le Grand Inquisiteur ici évoqué, est celui décrit par le grand écrivain Fédor Dostoïevski dans son ouvrage intitulé « Les frères Karamazov ».

Voici brièvement résumé, le chapitre intitulé qu’il lui consacre.

Nous sommes à Séville, en Espagne dans les années 1500. C’est là, alors que chaque jour s’allument des bûchers à la gloire de Dieu, qu’Il a choisi de revenir.

Il apparaît sans se faire remarquer, mais tous le reconnaissent. Silencieux, il passe au milieu de la foule avec un sourire d’infinie compassion. Son cœur est embrasé d’amour et ses yeux dégagent la lumière. Il s’arrête sur le parvis de la cathédrale au moment où l’on dépose le cercueil d’une enfant. La mère se jette à ses pieds : « Si c’est Toi, ressuscite mon enfant ! ». Il prononce une fois encore TALITHA KOUMI (traduction en fin de texte) et la jeune fille se lève.

À ce moment passe le grand inquisiteur. C’est un nonagénaire au visage desséché et aux yeux caves où luit encore une étincelle. Il a tout vu et ses yeux brillent d’un éclat sinistre. Il le désigne du doigt et ordonne aux gardes de le saisir. Si grande est sa puissance et si grande est l’habitude qu’a le peuple à se soumettre, que la foule s’écarte et que dans un silence de mort les soldats l’emmènent et le jettent dans un sombre cachot.

La nuit venue, dans les ténèbres, la porte s’ouvre et paraît le grand inquisiteur, un flambeau à la main. Il s’approche et lui dit : C’est Toi, Toi ? Pourquoi es-tu venu nous déranger ? Est-ce toi ou son apparence ? Mais demain je te condamnerai et tu seras brûlé. Le Prisonnier ne dit rien et se contente de le regarder.

L’Esprit de la destruction et du néant, t’a tenté par trois fois dans le désert et tu l’as repoussé.

Tu as d’abord refusé de changer les pierres en pain, c’est-à-dire que tu as refusé de fonder ta parole sur le miracle.

Tu as ensuite refusé de te jeter depuis le pinacle du temple en demandant aux anges de te sauver, c’est-à-dire que tu as refusé de fonder ta parole sur le mystère.

 Tu as enfin refusé de régner sur tous les royaumes du monde, c’est-à-dire que tu as refusé de fonder ta parole sur l’autorité.

Tu as dis aux hommes que tu voulais les rendre libres. Eh bien nous avons achevé cette œuvre en ton nom mais nous l’avons corrigée. Nous l’avons fondé sur le miracle, le mystère et l’autorité. Et les hommes ont humblement déposée leur liberté à nos pieds et ne se sont jamais sentis aussi libres que jusqu’à présent.

Et dire que tu voulais aller les mains vides, en prêchant aux hommes une liberté que leur sottise les empêchent de comprendre, une liberté qui leur fait peur, car il n’y a et il n’y a rien eu de plus intolérable pour l’homme et la société ! C’est pour devancer cette demande que nous avons restauré le miracle, le mystère et l’autorité.

L’inquisiteur se tait, attendant la réponse du prisonnier qui l’a écouté tout le temps en le fixant de son regard calme et pénétrant. Tout à coup, le prisonnier s’approche du nonagénaire et baise ses lèvres. C’est toute sa réponse.

Le vieillard tressaille, ses lèvres remuent. Il ouvre la porte et dit «Va-t’en et ne reviens plus, plus jamais ! ». Et il Le laisse aller. Le baiser lui brûle le cœur, mais il persiste dans son idée.

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 Ceux qui croient au ciel connaissent l’argumentation développée par Dostoïevski, car elle est issue de la « parabole des tentations » telle que rapportée par l’Évangéliste Matthieu.

Pour ceux qui ne croient pas au ciel, quelques précisions méritent d’être apportées, sur la vision du Grand Inquisiteur.

Si les pierres avaient été changées en pain, les hommes auraient accouru, tel un troupeau docile, reconnaissants et tremblants avant que cette main miraculeuse ne se retire. Mais en disant que l’homme ne vit pas seulement de pain, Il n’a pas voulu le priver de la liberté, estimant qu’elle était incompatible avec l’obéissance achetée par des pains. Pour le Grand Inquisiteur les hommes sont incapables de se rendre libres. Aussi décide t-il de les nourrir et d’exiger d’eux qu’ils soient vertueux.

Si le saut depuis le pinacle du temple avait eu lieu, les hommes auraient compris que Dieu devait agir à la place de l’homme. Mais en refusant de se jeter, Il a refusé d’exiger que Dieu fasse tout à leur place. Il désirait une adhésion qui soit libre et non pas fondée sur le mystère. Pour le Grand Inquisiteur les hommes sont des pantins sans consistance, incapables de supporter les joies et les peines de la vie. Aussi décide t-il de rassurer l’homme dans l’épreuve en instaurant le mystère au travers du dogme.

Si le glaive de César avait été saisi les hommes auraient trouvé sur la terre un maître devant qui s’incliner, un gardien de leur conscience et le moyen de s’unir en une commune fourmilière. Mais Il n’a pas souhaité les dominer. Pour le Grand Inquisiteur les hommes incapables de se rendre libres et incapables de supporter les vicissitudes de la vie doivent disposer d’un maître. Aussi décide t-il de s’emparer de l’autorité, du glaive de César, afin que les hommes lui obéissent.

Quel lien y a-t-il entre ce récit, cette argumentation, la Corse et la question qui figure en titre ?

Le lien réside dans le fait que ces trois notions, miracle, mystère et autorité, sont présentes en Corse. Les notions de liberté et de la vertu y sont proclamées, mais…..le Grand Inquisiteur, qui agit chez nous sous le Masque du Politicien, quelle que soit sa couleur idéologique, a aménagé ces trois notions.

 1 – L’aménagement de la notion de miracle en terre de Corse

La notion de miracle existe de deux manières. La 1ère qui devrait prédominer consiste à changer les pierres de la solitude face aux épreuves de la vie en pain de réconfort et de soutien grâce aux autres hommes et aux institutions.

Mais souvent le soutien passe par une aide sociale, l’attribution du RSA, l’accélération d’un dossier face à l’urgence d’une situation.

Et alors intervient la 2ème forme du miracle : celle du circuit de connaissance politique, celle du soutien d’intérêt. Elle conduit à changer les pierres du besoin en lien d’obligation, en obéissance achetée par ces pains.

Or le processus du changement des pierres en pain ne fonctionne en sa plénitude que s’il est alimenté par le seul carburant en mesure de lui donner son sens : AGAPÈ au sens grec, CARITAS au sens latin et FRATERNITÉ en République.

Et ce changement n’exige rien en retour. Il a lieu parce qu’il rencontre un certains nombre de paramètres tels la difficulté dans laquelle se trouve l’autre et le respect qu’il implique.

Pour paraphraser Simone Weil, bien souvent « nous pensons que l’autre nous doit ce que nous imaginons qu’il nous donnera ». Dans le processus de changement de pierre en pain « il nous faut remettre toute dette ». Mais allez donc expliquer ce processus aux Grands Inquisiteurs de Tolède…pardon de Corse.

2 – L’aménagement de la notion de mystère en terre de Corse

Le Politicien corse, copiant le dogme ecclésial et avec le concours d’une longue tradition administrative a construit un système d’entrée, de passerelles, de connaissances, de lenteur du circuit administratif, d’absence de communication.

Il s’agit quasiment d’un processus initiatique à l’image des mystères d’Eleusis, dans la Grèce ancienne. L’avancée du dossier, de la demande sera dévoilée petit à petit, comme une lente ascension vers le saint Graal.

Le Grand Inquisiteur de Tolède…pardon de Corse, n’aura cesse que de maintenir son pouvoir discrétionnaire dans un lent dévoilement, si tant est que l’issue en soit heureuse.

Mais allez donc expliquer aux Grands Inquisiteurs de Tolède…pardon de Corse, que la République est fondée sur l’ÉGALITÉ des droits et devoirs……

3 – L’aménagement de la notion d’autorité en terre de Corse

Dès lors que les notions de miracle et de mystère sont détournées, les conditions sont requises pour installer une kyrielle de roitelets, des maîtres « devant qui s’incliner ».

Et malheureusement ce comportement est devenu d’une extrême banalité en Corse, de la plus petite commune à la plus grande collectivité de Corse.

Si l’on en croit les anciens grecs, Thucydide en l’espèce, les hommes exercent tout le pouvoir dont ils disposent. C’est comme du gaz qui se répand au sein d’une éprouvette pour en occuper tout l’espace.

Or la notion d’autorité consiste à ne pas occuper tout l’espace et à laisser du vide, afin que les autres puissent s’épanouir dans cet espace libre de pouvoir, de Kratos, bref à restituer de la LIBERTÉ.

Pour reprendre une formule de Simone Weil : « Dieu et toutes les créatures, cela est moins que Dieu seul ». (Posez l’inéquation et vous comprendrez !). Cela signifie en termes républicains, qu’une fois posée l’existence des autres, l’autorité doit leur permettre de s’accomplir.

Dans le cas contraire l’autorité deviendra idole : « Quittez vos dieux, adorez les nôtres » disaient déjà les vainqueurs aux peuples conquis.

Que conclure pour la terre de Corse ?

Dostoïevski pensait que le processus qu’il décrit se perpétuait jusqu’à la fin des temps.

Il pensait que les dieux disparus, on se prosternerait devant les idoles. C’est fait ! Nombreux sont ceux qui se prosternent d’une manière ou d’une autre devant les Grands Inquisiteurs de Tolède….pardon de Corse.

Il pensait que des hommes rebelles furieux, se détruiraient eux-mêmes. C’est fait ! Certains se sont détruits au sens premier du terme au sein de mouvances politiques marquées par la proximité.

Il pensait que d’autres faibles, se traîneraient aux pieds des Grands Inquisiteurs de Tolède….pardon de Corse, en criant qu’ils ont raison. C’est fait ! Les 22 000 chômeurs et les 64 000 personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté n’attendent que le fait du prince pour espérer sortir des difficultés.

Les rédacteurs de ce blog pensent qu’il faut en terminer avec ces Grands Inquisiteurs qui sévissent encore en terre de Corse. Ils pensent qu’il faut restituer leur sens plein et entier aux notions de FRATERNITÉ, d’ÉGALITÉ et de LIBERTÉ, qui sont une interprétation républicaine de ce que rejetait Celui qui est cité dans la « parabole des tentations » au travers du refus du miracle, du mystère et de l’autorité.

Et vous cher lecteur, en conscience, qu’en pensez-vous ?

NB : TALITHA KOUMI araméen qui signifie « jeune fille, lève toi, je te le dis »

NOTE SUR LA RÉDUCTION DE LA DETTE PUBLIQUE : INTRODUCTION ET PREMIÈRE PARTIE

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INTRODUCTION

Pour les institutions internationales et les marchés financiers, la réduction des dettes publiques est devenue une question essentielle.

Les institutions internationales (FMI, BCE) ont exprimé des doutes sur la « soutenabilité » des dettes publiques dès lors qu’elles prennent une ampleur approchant ou dépassant le PIB annuel d’un pays. Dans cette configuration la prise en charge du déficit annuel et du remboursement du capital des emprunts effectués pour couvrir la dette cumulée des années antérieures représente une part importante de l’utilisation des recettes du pays et diminuent les possibilités d’investissement et/ou de soutien à l’économie.

Les marchés financiers ont eux taillé dans le vif en accordant des prêts à des taux bien plus faibles aux pays « vertueux » qu’aux pays qui ne s’engageaient pas dans une démarche de réduction de la dette publique, contribuant à déséquilibrer plus encore leurs finances publiques. Ils augmentent le taux de leurs prêts par une prime de risque, mais dans des limites qui permettent aux pays de rembourser leurs prêts.

Deux points de vue s’opposent sur la trajectoire de réduction des dépenses publiques, la réduction des dépenses publiques étant désormais acquise par la majorité des acteurs économiques publics et privés. 

Pour les uns, la priorité est de réduire les dettes publiques, car cette réduction dégagera des marges de manœuvres pour financer l’investissement, permettra la baisse des impôts, relancera la croissance, rétablira la confiance des ménages et des entreprises et installera le pays dans une cercle vertueux.

Pour les autres, la mise en œuvre de politiques budgétaires restrictives de manière simultanées dans tous les pays de la zone Euro, ou de l’OCDE, se traduira par une chute de la production, une baisse des recettes fiscales, une dégradation de l’endettement, sans pour autant rassurer les prêteurs. De fait la crise n’en serait que prolongée.

Mais l’essentiel est résumé dans une note du FMI du 13 février 2014, « Dette et croissance : y a-t-il un seuil magique ? » :

Point 1 – La trajectoire suivie par l’endettement public est aussi déterminante que son niveau absolu.
Point 2 – Les pays ayant une dette publique élevée mais en voie de diminution affichent des taux de croissance similaires à ceux de pays beaucoup moins endettés.
Point 3 – Un niveau élevé de dette publique rend le PIB plus volatil, notamment à cause de la pression des marchés et des mesures d’austérité mises en place pour tenter de redresser les finances publiques.

Conclusion : peu ou prou, chacun s’accorde sur le fait qu’il vaut mieux avoir une dette publique qui n’obère pas les possibilités d’investissement et/ou de soutien à l’économie.

Une fois posées ces querelles doctrinales et politiques il faut revenir au réel et examiner les chiffres de la France.

PREMIÈRE PARTIE : LA DETTE PUBLIQUE 

 I – LA SITUATION DE LA FRANCE

Les dépenses publiques sont les dépenses effectuées par les administrations publiques (APU).

Elles sont financées par des prélèvements obligatoires (impôts, taxes et cotisations sociales) et des emprunts, produisent des services non marchands (enseignement, justice et sécurité) et effectuent des opérations de redistribution (allocations, subventions et minima sociaux).

Elles comprennent :

les APU centrales : État et organismes divers d’administration centrale (ODAC) dont l’action est financée au niveau national (ANPE, CNRS, universités…) ;

→les APU locales (APUL) : collectivités locales (régions, départements, communes et organismes en dépendant), et organismes divers d’administration locale (ODAL) dont l’action est financée localement (lycées, collèges, chambres de commerce et d’industrie, crèches …) ;

→les administrations de sécurité sociale (ASSO) : régimes d’assurance sociale et organismes financés par ceux-ci.

Le montant de la dette publique est le suivant :

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Remarque 1 : la dette représente 952 € pour 1000 € de richesse produite à la fin du 3ème trimestre 2014 (la dette est de 95,2% du PIB).

La dette publique se répartit de la manière suivante :

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Remarque 2 : la dette de l’Etat est la plus importante. Suivent celle des administrations de sécurité sociale puis celle des collectivités locales.

L’importance de chaque composante figure dans le tableau suivant :

Tableau_3

Remarque 3 : c’est donc à l’Etat de montrer l’exemple au regard de la part de sa dette dans le total de la dette publique.

La suite dans un prochain article…

TRIBUNE LIBRE : « PETIT AMENDEMENT, GRANDS EFFETS ! »

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Ils l’ont fait !

Le 6 février 2015, était publiée au journal officiel la délibération adoptée par l’Assemblé de Corse le 12 décembre 2014.

Et quelle délibération !

Elle demande par 44 voix pour, 8 voix contre et une abstention, une réforme de l’organisation territoriale de la Corse, avec la création d’une collectivité locale déconcentrée par fusion de la CTC et des deux départements actuels.

C’est-à-dire que plus de 83 % des élus de notre Assemblée, demandent la disparition en leurs formes actuelles, de la CTC et des deux départements, afin de créer une collectivité unique.

Il n’y a là aucune attaque contre l’une de ces collectivités. Bien au contraire par ce vote ils ont exprimé une volonté, en cette période de baisse des financements d’Etat (maîtrise des déficits oblige), d’avoir une plus grande efficacité des actions de développement, d’améliorer la prise en compte des besoins de nos territoires et d’assurer une juste représentation des habitants de cette île.

La Ministre de la décentralisation, Marylise LEBRANCHU,  a même précisé qu’elle était favorable à cette demande et qu’un amendement l’intègrerait à la future loi « nouvelle organisation territoriale de la République » dite « loi NOTRe ».

La réforme sera donc « institutionnelle » pour reprendre les termes de la Ministre. C’est-à-dire que la future collectivité unique, sera créée par la loi, par le Parlement, qui en ont les compétences au titre de l’article 72 de la Constitution.

Son contenu sera élaboré avec les élus de Corse : caractéristiques, gouvernance, compétences, budget et personnels.

La réforme sera mise en œuvre par ordonnance, c’est à dire par des textes élaborés par le gouvernement, étant entendu que leur contenu sera le fruit de la concertation évoquée ci-dessus.

Il aurait été préférable que cela passe par l’inscription de la Corse dans la Constitution. C’est la mère de toutes les réformes, à la fois parce qu’elle reconnaîtrait enfin notre île et qu’elle ancrerait de manière spécifique, la Corse à l’ensemble institutionnel français.

 Mais il faut être lucide !

Inutile de songer aujourd’hui à une réponse « constitutionnelle », à une convocation du Congrès (Assemblé Nationale et Sénat) pour adopter à une majorité des 3/5ème cette inscription. Les parlementaires, à deux ans de la future présidentielle transformeraient cette consultation en vote pour ou contre la politique du gouvernement.

La Corse deviendrait ainsi le jouet d’une vision politicienne des partis et  les parlementaires Corses ne pourraient les ramener à la raison.

Certains disent que  cette réforme à pour objet la disparition des départements, garants de l’intérieur.

A ceux-là, il est possible de répondre que la vie dans l’intérieur de l’île recule et que nul n’a le monopole de son avenir. Des crédits importants sur des actions mieux ciblées auront plus d’efficacité que le saupoudrage actuel.

D’autant qu’une bonne partie des actions des départements dépend déjà de l’apport financier de la CTC au travers de ses fonds propres : dotation quinquennale en sa totalité, PEI et Fonds européens pour partie.

D’autres clament que la Corse méritait mieux qu’un petit amendement !

A ceux là je réponds que ce petit amendement aura de grands effets, car il touchera aux caractéristiques, à la gouvernance, aux compétences, au budget et aux personnels de la future collectivité.

Cet amendement aussi petit soit-il aura le contenu des statuts Defferre, Joxe et Jospin, auxquels nombre de ceux qui composent notre assemblée régionale se sont opposés en leur temps mais qui s’y sont coulé avec délectation dès lors que les urnes leur en avait confié les clés. Nul ne les a jamais entendus vouloir remettre en cause les évolutions acquises par l’action politique du mouvement d’idées auquel j’appartiens.

Il est à parier que comme le coucou, ils occuperont le nid institutionnel que nous aurons construit pour peu qu’ils accèdent aux responsabilités.

Ce petit amendement aura de grands effets !

Roger Micheli

Première Réunion Publique : « Pourquoi ce cercle de réflexion aujourd’hui ? »

La première réunion publique est fixée au jeudi  23 avril 2015 à partir de 20h au Bistrot du Cours à Aiacciu.
La thématique est :  Pourquoi ce cercle de réflexion aujourd’hui ? 
La  démarche vous sera présentée et nous pourrons ensuite échanger autour de ce thème.
« Se u cuccu ùn canta d’aprili o ch’hè mortu o ch’hè da more… »
 

LE POLITICIEN CORSE EST-IL PLUS PROCHE DE L’ÊTRE OU DU NEANT ?

Telle est la question qui m’est venue à l’esprit en lisant l’ouvrage « Modérément Moderne » de Rémi Brague, récemment paru chez Flammarion.

Cet éminent spécialiste de Platon et Aristote s’interroge sur l’évolution de l’Europe, confrontée à la modernité portée par la mondialisation. Cette mondialisation est le plus vaste mouvement d’échange de biens, de services, de capitaux et d’investissement connu sur la planète depuis la nuit des temps. La Chine et l’Inde sont venues se joindre aux USA et au Japon pour concurrencer une Europe qui a du mal à prendre corps.

À ce titre notre Corse est présente dans cette réflexion.

Pour analyser ce mouvement l’auteur fait référence aux concepts d’Aristote (précepteur d’Alexandre le Grand) qui analyse le monde et l’homme suivant des oppositions : blanc et noir, aveugle et doté de vue, juste et injuste, droit et courbe, simple et double, simple et multiple, etc.

Dans cet ouvrage Rémi Brague retient trois oppositions. La 1ère opposition est celle du bien et du mal, la 2ème opposition est celle du vrai et du faux et la 3ème opposition est celle de l’être et du néant.

La 1ère opposition (Bien/Mal) qui a traversé le 19ème siècle, repose sur une question sociale. En Europe et dans son empire, les hommes n’avaient pas de difficulté à voir l’injustice des structures économiques, reléguant les défavorisés à la lisière de l’humanité. Le mal était l’exclusion, la misère et l’exploitation des hommes. Le bien y a fait échec en les réintégrant au travers du progrès social au sens large : éducation, enseignement, droits sociaux, conditions de travail, accès à la santé, etc. Le 19ème siècle voit ainsi le triomphe du Bien sur le Mal.

La 2ème opposition (Vrai/Faux) qui a traversé le 20ème siècle est idéologique : nazisme et léninisme étaient fondés sur une nouvelle construction de la Vérité à répandre. Le nazisme se présentait comme une vision du monde fondée sur la « science des races ». Le léninisme se présentait comme une vision du monde fondée sur la science économique et l’évolution des sociétés. Le 20ème siècle a été le triomphe de la démocratie sur ces deux idéologies, qui ont conduit à des massacres humains dans des proportions que l’humanité n’avait jamais connu jusque là.

Le 21ème siècle voit se dessiner la 3ème opposition entre l’Être, détenteur du legs social du 19ème et de la liberté du 20ème siècle et le Néant. Par Néant, Rémi Brague entend la négation de l’humain absorbé et englouti par un progrès débridé, des dégâts environnementaux, la disparition des ressources naturelles et l’utilisation possible de l’arme atomique. Les triomphes humanitaires des 2 siècles précédents sont potentiellement en passe d’être niés au prétexte d’une libre concurrence (qui n’existe qu’en théorie), fondée au surplus sur le travail des enfants, des salaires misérables et l’absence de toute norme environnementale de protection.

Politiquement, le rempart contre cette mondialisation débridée et déloyale est la construction d’une Europe, plus grand consommateur du monde, et par là même, en capacité d’édicter des règles opposables à tous.

Ce contexte européen posé, que reste t-il des deux oppositions passées et de celle en cours dans notre île ?

Ces trois oppositions sont persistantes et imbriquées dans notre île.

Le refuge dans la fonction publique est une protection sociale recherchée par bon nombre de personnes qui ont eu à souffrir de l’arbitraire dans certaines entreprises.

Mais il y a un prix à payer : l’aliénation de sa propre pensée et la redevance envers celui qui a permis l’entrée dans ce filet économiquement sécuritaire (28 % de l’emploi salarié est dans la fonction publique, soit 7 points de plus que la moyenne nationale) La recherche du Bien s’accompagne d’une négation de soi, de son Être.

C’est un vieux sentiment humain fort bien décrit par La Rochefoucauld au 17ème siècle : « Il ne faut pas longtemps pour que nos idées et nos convictions prennent la couleur de nos intérêts. »

Dans ce processus y a là une double ignorance :

  • l’ignorance de la construction de soi au mépris du tapis de feuilles mortes de ceux qui nous ont précédés par celui qui «entre » ou « subit » ce mécanisme (le lecteur choisira le terme qui lui semble le plus approprié) ;
  • et l’ignorance de l’autre qui devient une marchandise électorale, générant au fil du temps une insatisfaction existentielle.

Celui qui exige cet abandon de soi, le pourvoyeur d’emploi, ne mise que sur le court terme, car il augmente les frais quotidiens de sa collectivité et diminue d’autant les sommes à consacrer à la préparation du futur, à l’investissement, à la Corse de demain. Il réduit l’Être au Néant, l’aliène de sa propre identité. Mais en même temps, le pourvoyeur d’emploi, celui qui exige un retour, se place lui-même dans le camp du Néant, car il ne voit pas l’identité, l’humanité de l’autre. En somme « le glaive corrompt par les deux bouts » (Simone Weil – La pesanteur et la Grâce).

La récente actualité politicienne des élections cantonales a révélé, s’il en était encore besoin, cette triste réalité : accords politiciens que nul n’aurait imaginés et tensions au sein de tous, je dis bien tous les courants politiques de Corse.

Le résultat est connu : régression culturelle au sens de perte d’autonomie de la pensée et fortes réactions identitaires au sens politique.

Mais l’histoire révèle que bien souvent :

  1. les opprimés y mettent du leur ;
  2. les dénonciateurs ne savent que dénoncer sans proposer d’alternative crédible.

Ce sont les deux ressorts de la perpétuation de la situation actuelle de la Corse.

Le but de ce blog est donc de présenter une réflexion afin de promouvoir l’autonomie de pensée politique et de proposer une alternative crédible au système actuel : poursuivre sur la victoire des 19ème et 20ème siècles et se placer du côté de l’Être en ce 21ème siècle.

Reste la question posée en titre : le politicien corse est-il plus proche de l’être ou du néant ?

À la lecture de ces développements vous connaissez notre réponse.

Mais l’essentiel pour le lecteur est d’y réfléchir dans le secret de sa propre conscience.

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PAUL ET JEAN-JACQUES

Chacun connait les présidents des deux conseils généraux qui étaient Paul GIACCOBI (par procuration depuis son élection à la CTC), affectueusement surnommé « Paul Emploi » et Jean Jacques PANUNZI affectueusement prononcé « Jean-Jacques », durant la période examinée.

On pourrait donc penser qu’il y a un dispendieux et un vertueux s’agissant des dépenses du personnel employé dans les conseils généraux.

Allons au-delà des idées toutes faites et pour cela consultons les chiffres sur le site du ministère des finances.

Pour la Haute-Corse ils sont les suivants :

TableauPJJ1

Entre 2008 et 2013, les dépenses de personnel 2B ont augmenté de 8,37 M€, c’est-à-dire qu’elles ont fait un bond de 19,38 %.

Pour la Corse-du-Sud les chiffres sont les suivants :

TableauPJJ2

Entre 2008 et 2013, les dépenses de personnel 2A ont augmenté de 13,20 M€, c’est-à-dire qu’elles ont fait un bond de 26,43 %.

Celui qui passait pour le plus vertueux est loin, très loin de l’être : 4,83 M€ de dépenses de personnel de plus pour Jean-Jacques que pour « Paul Emploi » en 6 exercices.

Les rédacteurs de ce blog en appellent à l’imagination et à la créativité de chacune et chacun pour donner à Jean-Jacques un surnom aussi affectueux que celui de Paul, au vu de ses capacités de recrutement.

Ce qui pourrait se comprendre chez le premier, politiquement partisan de la dépense publique est incompréhensible de la part de celui qui appartient à une ligne libérale, partisane de la réduction de la dépense publique.

Mais il est vrai que la vérité énoncée du Palais du Luxembourg, n’est pas celle de la Corse-du-Sud, pour paraphraser notre ami Montaigne.

Alors ils nous racontent tous deux, que la cause en est à chercher du côté du transfert de compétences, de la décentralisation qui ne compense pas les missions qui incombent aux départements.

Voyons donc comment se débrouillent les 21 autres départements qui sont dans la même catégorie (moins de 250 000 habitants), sachant quand même que les départements de Corse n’ont pas à leur charge les dépenses des collèges qui relèvent de la CTC :

TableauPJJ3

Vous vous en doutiez, n’est-ce pas, mais à ce point certainement pas ! Jean-Jacques dépense 60 % de plus que les départements de la strate et dépasse largement Paul. Etonnez-vous ensuite des scores à la soviétique dans la récente élection départementale 2A !

Mais pour illustrer plus encore la dichotomie entre engagement national et comportement local, voici un graphique encore plus parlant : regardez ou est Jean-Jacques :

TableauPJJ4

On dirait qu’il y a un hiatus, un dédoublement de personnalité :

→entre l’appartenance à l’UMP qui prône la réduction de la dépense publique et qui veut donner une nouvelle gouvernance aux départements nouvellement acquis ;

→et la réalité qui est impulsée depuis Ajaccio.

Messieurs de l’UMP venez vite à Ajaccio : il y a du boulot en perspective !

Allez restons bons joueurs, vous le saviez, mais pas à ce point…..

On comprend mieux maintenant pourquoi Jean-Jacques hurle à la mort face à la diminution des dotations d’Etat qui alimentent ses caisses : il aura moins de biscuits à distribuer !