TRIBUNE LIBRE : UNE PETITE PARTIE DE LA MÉTAMORPHOSE DE LA SOCIÉTÉ D’ICI ET D’AILLEURS

media

Honoré de Balzac avait prédit que les journalistes conduiraient à la folie du monde moderne. Avait-il tort ? Les crimes collectifs n’engagent personne.

Si on se penchait sur le mal-être des journalistes, on se rendrait compte que beaucoup sont disposés à quitter leur métier.

En observant de plus près, aujourd’hui, on voit le changement de la consommation de l’information, la mise en question des modèles économiques des médias, l’affaiblissement des frontières entre professionnels et citoyens au sein de la société où les nouvelles technologies de la communication permettent à quiconque de produire et de propager de l’information.

Ce que l’on peut constater, de nos jours, c’est que les débuts sont difficiles. Bien que la majorité des journalistes possèdent un contrat à durée indéterminée, ce n’est pas forcément le cas pour les plus jeunes. Le CDD et les piges sont devenus des passages obligés. La précarité est bien là.

D’où l’envie de changer de métier ou d’entreprise pour diversifier les sources de revenu.

Les difficultés dans le secteur médiatique suscitent les craintes.

Par ailleurs, le travail partiel est en progression. Sur l’île, on peut constater les contrats précaires dans les différents médias.

La dégradation de la qualité peut s’expliquer par l’accélération du rythme de travail.

On peut s’apercevoir de l’évolution sur les cinq dernières années. Le monde des médias est bouleversé. Même Canal+ change.

La charge de travail du journaliste avec l’accélération du rythme et la réduction d’effectifs est, de fait, plus lourde. On peut voir que les pauses café au bistrot du coin sont plus courtes et moins nombreuses. Les indicateurs populaires sont vérifiables par l’observation quotidienne.

La polyvalence avec l’arrivée des nouveaux et nombreux supports perturbe le long fleuve tranquille du journalisme, ici et ailleurs.

Les lignes éditoriales sont de plus en plus floues , les journalistes s’en plaignent sans pouvoir influer. Les rachats de journaux, les réorganisations, les fusions, les plans sociaux…etc., créent un mal-être collectif grave.

Les débats pendant les réunions n’existent plus, c’est comme le Canada Dry !!!

Tout va très vite dans la journée d’un journaliste. Le bouclage ou l’heure du journal du soir n’est plus le seul repère temporel de la journée. La production sur le web se déroule tout au long du jour, l’information en continu est, aussi, venue troubler l’établissement d’un ancien système.

L’ambiance au sein des rédactions se dégrade, les clans apparaissent, la passion du métier s’émousse, le burn-out arrive, le stress s’ancre dans la vie d’un journaliste d’ici et d’ailleurs.

En observant le monde journalistique, on peut comprendre que l’effet papillon peut entrainer la métamorphose de notre société.

Je ne parle même pas du monde politicien que j’observe du même œil… Sur le chemin.

Pascal Bruno