REUNION PUBLIQUE DU 02 JUILLET 2015, BASTIA

 Synthèse de la réunion du jeudi 02 juillet 2015

20 h Hôtel Ostella, avenue Sampiero Corso, Sortie Sud, Bastia

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Thème de la réunion :

« Pourquoi ce cercle de réflexion aujourd’hui ?»

Secrétaire de séance : Jean-Louis Rossi

Assistance : 22 personnes

Déroulement de la réunion

  1. Accueil (JL Rossi) [20 : 15]
  2. Présentation du cercle (T Fieschi) [20 : 20]
  3. Présentation des engagements (P Poggioli) [20 : 30]
  4. Parole à la salle [20 : 40]
    • Explication du mode de prise de parole adopté (F Bonardi)
    • Gestion de la prise de parole (F Bonardi)
    • « Chairman» (P Poggioli)
  5.  Conclusion (JL Rossi) [22 : 00]

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Objet

Suite à la création du cercle de réflexion « I CHJASSI DI U CUMUNU », porté récemment sur les fonds baptismaux, les membres fondateurs ont présenté leurs engagements, leurs objectifs, leur mode d’organisation, ainsi que les thématiques qu’ils entendent développer ces prochaines semaines et prochains mois.

Préambule

La naissance de notre association vient attester que la génération spontanée n’existe pas en politique comme dans bien des domaines.

Notre démarche est partie d’un constat, celui d’une société corse atomisée, fragilisée, celui d’une vie politique s’embourbant dans ses ornières séculaires, celui d’une représentation de plus en plus coupée du corps social, déconnectée du quotidien, des inquiétudes et des aspirations de la population, celui d’un débat politique atone, bref celui d’une démocratie en péril.

Sur la base de ce constat, nous nous sommes donné un certain nombre d’objectif.

Nos objectifs

1) Le premier objectif que nous nous somme assigné, c’est celui de regrouper les femmes et les hommes venant d’horizons différents, et ayant des parcours tout aussi divers, mais :

– disposant d’expérience et de compétences transcendant les seules appartenances idéologiques, philosophiques ou politiques ;

– ayant fait le choix d’une vie politique rénovée, assainie et ouverte.

2) Notre second objectif réside dans la volonté de construire un « fonctionnement alternatif » et novateur, en contre-point (et non pas en opposition) de celui des structures politiques existantes que nous pourrions qualifier de « traditionnelles », du fait de leur tendance à perdre leur vocation originelle de « boîtes à idées », de réceptacle ou de catalyseur du débat démocratique.

De ce fait :

– nous entendons favoriser l’échange, le dialogue, la valorisation du travail effectué, le sens de la construction collective, en un mot favoriser les rapports humains ;

– nous entendons également privilégier la démocratie interne, la transparence et la rencontre avec toutes celles et tous ceux que l’avenir de notre Peuple préoccupe.

Nous sommes ambitieux pour notre Peuple, et en toute humilité, à notre niveau, nous entendons ouvrir une ère nouvelle pour la Corse, c’est le sens de notre démarche.

Le sens de notre démarche

Nous ambitionnons donc :

1) Ouvrir une ère nouvelle dans la vie politique et l’action publique :

Ces deux notions sont aujourd’hui trop souvent confondues voire accaparées par une certaine partie de la classe politique s’érigeant de plus en plus en véritable classe au sens propre du terme ; une certaine classe politique ayant par ailleurs une forte propension à :

– accentuer les logiques claniques ;

– à édulcorer les projets politiques.

Afin d’inverser cette tendance lourde, nous proposons d’élargir le champ de la délibération ouverte et de la participation populaire, à l’ensemble des phases de construction de projets d’intérêt général et de prise de décision.

2) Ouvrir une ère nouvelle  :

Dans le même esprit, et dans le cadre des mêmes aspirations, nous ambitionnons, dans le sillage de la dynamique que nous entendons initier de :

– permettre aux gens  de se fédérer partout où ils agissent pour le bien commun

– proposer un espace ouvert et démocratique permettant d’œuvrer pour une Corse pleinement reconnue dans ses droits, pour une Corse libérée, à tous les sens du terme.

3) Exercer une véritable « pression démocratique » :

Cette aspiration vise à faire en sorte que toutes les volontés individuelles,, associatives, syndicales, etc… pèsent sur tous les débats engageant l’avenir de la Corse.

Finaliser notre projet au travers d’un cadre formel : la charte d’I Chjassi.

Nous entendons mettre en adéquation notre démarche avec nos aspirations et le sens profond de notre mobilisation. Cette mise en adéquation, du point de vue formel, se concrétisera par une Charte que chaque femme et chaque homme intégrant notre espace de travail et de réflexion, s’engagera à signer.

– Cette Charte sera garante du sérieux et de la sincérité de notre démarche ;

– Cette Charte s’articulera autour de fondamentaux paraissant évidents et qui le seront d’autant plus qu’elle aura été paraphée chaque membre adhérent.

QUELQUES IDEES QUANT AUX FONDAMENTAUX D’I CHJASSI :

DIALOGUER AU-DELA DES APPARTENANCES DIVERSES :

– confronter librement les opinions,

– redéfinir l’idée de Mouvement National autour d’objectifs communs

RECENTRER LE DEBAT SUR LES ENJEUX ESSENTIELS :

– identifier les problématiques essentielles

– fournir des réflexions

DONNER UNE LISIBILITE A LA DEMARCHE NATIONALE :

– définir des limites et des principes

– subordonner les démarches tactiques aux impératifs stratégiques

APPORTER UNE CONTRIBUTION AUX DECISIONS DES STRUCTURES :

– par l’argumentation

-par la production de rapports ou de projets

-par l’organisation d’évènements.

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Échanges

Remarque : Les noms reportés sont ceux donnés par les différents intervenants lorsque ces derniers ont bien voulu indiquer leurs identités.

S Marchetti

  • Militant IPB (Inseme Per Bastia)
  • Mise en avant de la problématique de la place que l’on donne aux « jeunes » (<35 ans) dans la mouvance nationaliste
  • Sentiment que la parole des jeunes n’est pas prise en compte
  • Aucun parti ne sait réellement valoriser cet apport
  • Un problème presque philosophique !
  • Une question à « creuser »
  • Même si les gens qui luttent depuis des années ont une légitimité, il est temps de laisser la place à la nouvelle génération plus en adéquation avec certaines problématiques actuelles
  • Place à la jeunesse !

A Burguet Moretti

  • Militante, syndicaliste, actuellement adjointe au maire de Moltifao
  • Comprend les propos de l’interlocuteur précédent
  • En est l’exemple vivant
  • Les compétences ne sont pas prises en compte et cela décourage les bonnes volontés
  • Ceci ne favorise pas l’émancipation
  • Si on ne prend pas le bien commun comme étant une priorité, les gens finissent par se « perdre »
  • Problème du mouvement national : la bascule entre le militantisme et la volonté affichée de la prise de pouvoir
  • Il est impératif d’intégrer les gens avec des compétences, autres que celles de rapporter des votes, si nous voulons sortir la Corse de l’état dans lequel elle est
  • Les gens formés peuvent aider
  • Il faut des gens compétents !

JP Cristofari

  • « Vieux » militant qui a cheminé du PC (Parti Communiste) à IPB
  • Bastia est une ville où il y a eu une prise de conscience
  • Depuis 2001 un travail de fond a été fait
  • Des gens sont arrivés à concevoir ensemble une dynamique de prise de responsabilités
  • En fait, il y a deux sociétés qui s’affrontent : (i) une claniste, (ii) l’autre progressiste
  • Serons nous capables de gérer la Corse ?
  • Essayons de travailler avec l’Europe
  • Questionnement et mise en avant d’une inquiétude sur la genèse de la démarche du cercle « I Chjassi di u Cumunu »
  • L’objectif final : l’élection de décembre 2015
  • La démocratie à Bastia vit bien : exemple des 8 conseils de quartier mis en place

M Simeoni

  • L’expérience a démontré que :
    • Dans le passé il n’y avait pas assez de jeunes dans le mouvement
    • Donc nous sommes allés les chercher…
    • Et ils se sont radicalisés !
  • C’est un problème récurrent
  • La solution n’est pas de créer un mouvement de jeunes à part
  • Raison de mon engagement dans ce cercle : espace déconnecté de l’enjeu électoral, démocratique et de réflexion. Prise en compte des opinions de chacun. Pluralisme réelle. Œuvrer pour la Corse.

P Turchi-Duriani

  • Militant IPB
  • Mise en avant de la difficulté pour certains d’appréhender certains travaux publiés par le cercle
  • Manque de la démarche : la notion de projet avec des porteurs de projets (ce qui existe dans les Think Tank)
  • Ceci aurait plus d’impact sur la société et surtout les jeunes

JL Rossi

  • Notion de projet existe dans le cercle mais pas encore mis en place pratiquement
  • Définition des thématiques (projets) et désignation des coordinateurs (porteurs de projets) prévue depuis la naissance du cercle
  • À l’heure actuel, pas encore eu le temps de le mettre en place mais cela sera fait avant septembre et cela permettra à des personnes ne pouvant se déplacer de contribuer à la réflexion

P Poggioli

  • Précision à l’attention de l’assistance : le principe du bâton de parole exclu les questions/réponses

R Micheli

  • Ce qui me motive c’est la véracité des chiffres
  • Questionnement : la collectivité (CTC) est-elle toute puissante ?
  • Analogie : la CTC a deux poches. (i) Celle de l’épargne qui ne finance pas assez l’investissement et (ii) Celle du fonctionnement.
  • Le politiques misent en œuvre en Corse sont des politiques de saupoudrage

L Delporte

  • Pas militant, novice en politique
  • Questionnement : poids et influence de quelqu’un qui a ce profil au sein de ce type de cercle par rapport à des individus qui ont un passé de militant ?
  • Existe-t-il réellement un débat équitable ?

JL Rossi

  • Le cercle prend en compte tous les points de vue en interne
  • Il permet à des personnes extérieures au cercle de contribuer à la réflexion via les « Tribunes libres »

P Poggioli

  • Le cercle permet de travailler mais également de confronter les argumentaires lors d’échanges et de débats

F Bonardi

  • Explication de ce qui se passe lors de nos réunions sur Aiacciu
  • Lors de la première réunion : pas beaucoup de personnes de la mouvance nationaliste
  • Le cercle permet de libérer la parole car la plupart du temps les gens ne s’autorisent pas à la prendre
  • Il faut une respiration ! Il faut parler !
  • Nous sommes face à une société à deux vitesses : (i) ceux qui ont le temps (eux) et (ii) ceux qui ont la montre (nous)
  • On doit comprendre que certains veulent arriver à échanger et faire changer les choses

R Micheli

  • Notre cercle est comme une parabole : « La parabole des talents »

M Simeoni

  • Nous avons un vécu
  • Nos organisations agissent essentiellement en fonction des élections : utilisation de la polémique qui fausse la donne
  • Ce n’est pas spécifique à la Corse
  • Les espoirs sont contradictoires
  • Comment se débarrasser de l’ancien système en évitant la radicalisation ?
  • Le problème corse ne peut dépendre que des Corses !
  • Seul espoir : inventer notre propre système
  • Nous avons une limite démographique
  • Mise en avant des phénomènes des flux démographiques
  • Il faut une prise de conscience
  • Le projet pour notre futur commun doit intégrer obligatoirement la solidarité
  • Il faut avoir espoir même si la montre joue contre nous

P Turchi-Duriani

  • La société est scindée en deux grandes strates : (i) la bourgeoisie et (ii) les gens qui « crèvent la faim »
  • Il y a un énorme faussé entre les deux
  • Une frange de la population est en tarin de se « durcir » de se radicaliser
  • Il n’y a pas eu de pédagogie auprès de la jeunesse pour transmettre ce que la Corse a vécu durant les années 90
  • Un partie de la jeunesse se pose la question de l’opportunité de se radicaliser
  • Comment prendre en compte ce fait ?

A Burguet Moretti

  • Il y a beaucoup de confusion chez certains jeunes
  • Parfois il y a une confusion entre se radicaliser et faire le voyou
  • Il faut prendre le problème au quotidien
  • Cela repose sur la morale
  • Il y a des strates sociales mais également territoriales
  • Ajaccio, Bastia, Porto-Vecchio sont favorisées. Le reste du territoire est délaissé avec l’excuse : « on s’en occupera plus tard »
  • La population dans les territoires de moindre intérêt est vieillissante
  • Ces populations sont en attente

S Marchetti

  • Les jeunes (18-20 ans) m’ont surpris car ils ne connaissaient pas le sigle : SOMIVAC
  • On confond beaucoup de choses
  • Il faut réaliser que nous ne reviendrons pas vers une société agropastorale
  • Il faut mettre en avant le principe d’équité
  • Se poser la question : « À qui s’adresse-t-on ? »
  • L’élitisme doit aussi se développer

P Poggioli

  • Synthèse des propos tenus

JP Cristofari

  • Il y a un problème de la jeunesse qui est dégoutée de la « chose » politique
  • Faillite des partis traditionnels, des syndicats…
  • L’objectif : donner l’envie aux jeunes générations de s’intéresser à la politique
  • Donner des responsabilités aux jeunes
  • Sur Bastia, les quartiers Sud doivent attirer toute l’attention

F Bonardi

  • À Aiacciu se sont les pauvres qui ont fait l’élection lors des municipales
  • Les gens sont asservis
  • La radicalisation n’est pas politique ! Elle se retrouve dans le fait que les gens se vendent au plus offrant
  • Les gens ne parlent plus
  • Les forces vives sont annihilées
  • Il faut gagner ensemble !
  • Il faut avoir le courage politique de dire aux gens : « vous vous êtes vendus »

M Simeoni

  • Cette présentation est réelle et dramatique
  • Ce sont des sacrifiés !
  • On ne va pas pouvoir sortir tout le monde de l’impasse en même temps !
  • Nous sommes à une période cruciale
  • Nous avons expérimenté toutes les formes de régimes sans succès
  • Le système est en faillite
  • Néanmoins, il faut admettre que le clan n’a pas toujours eu que des aspects négatifs dans le passé. Actuellement oui !
  • Le clan créait de l’aliénation mais pas du racisme
  • Le clanisme n’est plus synonyme d’entraide. Aujourd’hui, tout le monde veut sa belle voiture !
  • On ne peut s’en sortir qu’en créant un autre modèle. Et cela ne ne peut passer que par nous !

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